La Loi est d’intérêt général, et impersonnelle, elle est censée encadrer les rapports dans une société où les us et coutumes ont été relégués au rang de reliques, bons pour orner les mémoires des dépositaires de la connaissance ancestrale.
La Loi est interprétative, comme l’impôt est déclaratif, il produit des effets que lorsqu’une action est mise en mouvement.
Il n’est pas rare d’entendre, au détour d’une conversation arrosée, que le Gabon dispose des bonnes Lois mais pas très bien appliquées, comme pour se convaincre de l’existence d’une fatalité qui ne survit que dans les têtes de ceux qui ne croient plus en la force de la Loi.
Effectivement, il suffit d’observer les communiqués finaux des conseils de ministres, pour se rendre compte de l’importance des projets de lois adoptés, ici tous les pans de tous les secteurs d’activité sont concernés.
Bien écrit pour faciliter la compréhension des béotiens que nous sommes pour la plupart, ces lois malheureusement parviennent difficilement à faire l’unanimité en cas de conflits.
Est-ce par mauvaise volonté, ou est-ce par mauvaise lecture ou par méconnaissance ? La question vaut son pesant d’or.
Pour s’en convaincre, il suffit de suivre l’actualité journalière pour se rendre compte que beaucoup de foyers naissent et alimentent des chroniques, autour de l’application d’une ou des dispositions de la Loi.
En illustration, il suffit de regarder la question du renouvellement des bureaux des syndicats, dans le monde du travail, et le renouvellement, des bureaux des instances dirigeantes, dans le domaine du sport.
Des organisations régies par des lois et suffisamment encadrées pour ne laisser place à aucune interprétation tendancieuse.
Et pourtant, les différentes parties n’arrivent pas à accorder leurs violons, elles sont censés s’appuyer sur les mêmes dispositions des mêmes lois.
Devant ces bras de fer forgé sur le mur de la contestation, pardon sous front de déni et de défi, le juge appelé à lire le droit, perd son latin.
Entre temps, les situations s’enlisent, ce qui ouvre la voie à l’arbitrage des instances extérieures, suivi parfois des condamnations et des amendes sur le doigt du contribuable qui subit la double peine, privé de la jouissance d’une passion ou d’un droit d’une part, et du paiement des amendes pour lesquelles sa responsabilité n’est nullement engagée.
Il est temps de convoquer la mémoire collective pour un assainissement des mentalités, prélude à l’établissement d’un État de droit véritable.

