Depuis plusieurs mois, un même refrain revient dans certains cercles politiques : contester systématiquement les choix des institutions, délégitimer les autorités issues des urnes et caricaturer toute décision publique dès lors qu’elle ne sert pas leurs intérêts. La nomination d’Eugène Mba à la tête de la mairie de Libreville n’échappe pas à cette mécanique bien connue : transformer un acte institutionnel en procès idéologique, puis présenter leur propre défaite comme une injustice nationale.
Il faut répondre avec clarté à ces faux démocrates.
La démocratie n’est pas seulement le droit de parler quand on perd. Elle est d’abord le devoir de respecter le verdict populaire. Or, au Gabon, les citoyens se sont exprimés à plusieurs reprises : lors du référendum, de l’élection présidentielle, des législatives et des locales. À chaque étape, une majorité s’est dégagée. On peut commenter, critiquer, proposer mieux. Mais on ne peut pas effacer la volonté populaire simplement parce qu’elle ne vous a pas été favorable.
Ceux qui n’ont pas convaincu les Gabonais cherchent aujourd’hui à disqualifier ceux qui les ont convaincus. C’est une vieille tentation : quand on échoue dans les urnes, on tente de gagner dans les réseaux, les rumeurs et la polémique permanente. Quand on ne rassemble pas le peuple, on accuse le peuple de s’être trompé.
Le retour d’Eugène Mba à la mairie de Libreville peut être débattu politiquement, comme toute décision publique. Mais le réduire à un slogan facile, parler de “rupture recyclée” ou fantasmer un retour masqué d’anciens appareils, c’est refuser d’analyser la réalité : un pays se gouverne avec des femmes et des hommes d’expérience, de compétence et de responsabilité. La rupture n’a jamais signifié l’effacement automatique de tous les parcours. Elle signifie la fin des pratiques nocives, l’ouverture, la réforme et la primauté de l’intérêt général.
Il est d’ailleurs paradoxal d’entendre des leçons de démocratie venant de ceux qui contestent chaque résultat défavorable, chaque institution qui ne leur obéit pas, chaque majorité qui ne pense pas comme eux. La démocratie n’est pas un menu à la carte : on ne l’accepte pas quand on gagne et on la rejette quand on perd.
Le Dialogue National Inclusif a tracé une voie nouvelle : celle de l’apaisement, de la participation et de la reconstruction collective. Inclusif signifie que toutes les sensibilités ont leur place, y compris les minorités politiques. Mais inclusif ne veut pas dire que la minorité impose sa frustration à la majorité. Inclusif ne veut pas dire sabotage permanent. Inclusif ne veut pas dire mépris du choix populaire.
À ceux qui refusent de reconnaître la majorité des Gabonais, il faut rappeler une évidence : la pluralité politique est un droit, mais la discipline républicaine est un devoir. Dans toute démocratie mature, le vaincu félicite le vainqueur, prépare l’alternance par le travail, et revient devant le peuple avec un meilleur projet. Il ne passe pas son temps à insulter les institutions ou à délégitimer les citoyens qui n’ont pas voté pour lui.
Rien ne fera reculer l’inclusivité au Gabon. Ni les sarcasmes, ni les procès d’intention, ni les campagnes de dénigrement. Le pays avance parce qu’une majorité de Gabonais a choisi la stabilité, la réforme et le rassemblement.
Les faux démocrates doivent choisir : respecter enfin les règles du jeu républicain, ou assumer publiquement qu’ils n’aiment la démocratie que lorsqu’elle les sert.
Le Gabon, lui, continuera d’avancer avec tous ceux qui respectent le peuple.

