L’ouverture ce dimanche 26 avril 2026 de la Centrale d’achat du Gabon, au Stade d’Angondjé, marque sans conteste un moment important dans la lutte contre la vie chère. Créée sur mesure présidentielle, la CEAG est une société d’économie mixte créée pour réguler le marché des produits de première nécessité.
Société mi-publique, mi-privée, L’actionnariat est détenu par l’État gabonais 37%, et à 63% par des opérateurs privés nationaux de la distribution. La Centrale est placée sous la tutelle du Ministère de l’Économie et des Finances.
La CEAG a 3 missions principales :
– Acheter en gros des produits de première nécessité : denrées alimentaires, matériaux de construction;
– Stocker et distribuer pour approvisionner le marché de manière stable;
– Négocier des prix plus bas et créer des corridors logistiques efficaces.
Le but global est de défendre le pouvoir d’achat des citoyens et renforcer l’autonomie économique du pays. La CEAG a été créée par un Projet d’ordonnance adopté par le Conseil des Ministres du 12 août 2025 qui institue la CEAG et le Projet de décret approuvé pour valider les statuts de la CEAG, conforme aux dispositions de l’OHADA.
Les Résultats attendus sont :
– Contrôler la hausse des prix sur les produits essentiels;
– Rendre le quotidien plus accessible aux Gabonais;
– Transformer durablement l’économie domestique;
– Crédibiliser l’action publique : le gouvernement met en jeu sa promesse d’un pouvoir d’achat amélioré.
La CEAG porte une ambition claire : rendre les produits de première nécessité plus accessibles aux Gabonais.
Dès les premières heures, de ce dimanche 26 avril 2026, l’affluence observée sur le site a témoigné d’une attente réelle de la population. Des familles nombreuses, des retraités, des jeunes ménages et de simples consommateurs ont fait le déplacement avec un même espoir : voir enfin leur pouvoir d’achat soulagé. Dans un contexte où les dépenses alimentaires pèsent lourdement sur les budgets, cette mobilisation populaire n’a rien d’anodin. Elle traduit une demande profonde de justice économique.
Les premiers témoignages recueillis au sortir de la Centrale sont toutefois contrastés. Certains clients saluent une baisse effective des prix sur plusieurs articles, estimant que l’initiative va dans le bon sens. Pour eux, la Centrale d’achat représente une réponse concrète aux difficultés quotidiennes et un signal fort envoyé aux distributeurs traditionnels.
Mais d’autres consommateurs se montrent plus réservés. Ils relèvent que sur certains produits, l’écart de prix reste faible, parfois insuffisant pour justifier l’enthousiasme suscité par l’annonce. Pour ces observateurs, les tarifs affichés ne reflètent pas encore pleinement l’objectif de baisse attendu. Leur prudence rappelle une vérité essentielle : les annonces politiques ne valent que par leurs effets mesurables dans le panier de la ménagère.
Il serait néanmoins injuste de juger cette initiative à l’aune de sa seule journée inaugurale. Toute réforme économique de cette ampleur nécessite des ajustements logistiques, une montée en puissance des approvisionnements et une régulation constante des circuits de distribution. La réussite de la Centrale d’achat dépendra de sa capacité à maintenir durablement des prix compétitifs, à garantir la disponibilité des produits et à instaurer la transparence sur les marges pratiquées.
Au-delà des chiffres, cette ouverture pose une question de gouvernance. Une société d’économie mixte ne peut réussir que si l’intérêt général demeure prioritaire sur les logiques purement commerciales. L’État, actionnaire à 37 %, devra jouer pleinement son rôle de garant social, tandis que les partenaires privés devront démontrer que rentabilité et responsabilité peuvent coexister.La Centrale d’achat du Gabon suscite donc à la fois espoir et vigilance. Espoir, parce qu’elle peut devenir un levier concret contre la vie chère.
Vigilance, parce que les Gabonais n’attendent ni communication ni symbole, mais des prix réellement plus bas et durables. Le succès de cette initiative ne se mesurera pas à la foule du premier jour, mais à la satisfaction des consommateurs dans les semaines et les mois à venir.

