« Deux bilans, une même ambition : Explication » par Petit-Lambert Ovono

Dresser le bilan de la première année de gouvernance du Président Brice Clotaire Oligui Nguema, deux exercices majeurs émergent : celui du Gouvernement et celui du département politique, suivi-évaluation des politiques publiques, suivi du projet de société du Président de la République.

À première vue, ces deux bilans pourraient sembler redondants. En réalité, ils obéissent à des logiques distinctes, répondent à des fonctions différentes et participent, ensemble, à une meilleure gouvernance publique.*Deux approches, deux logiques*Le bilan gouvernemental est avant tout un bilan d’action. Chaque ministère y présente ce qu’il a accompli dans son domaine : projets réalisés, réformes engagées, investissements lancés. Il s’agit d’un exercice sectoriel et opérationnel, centré sur la mise en œuvre concrète des politiques publiques. Ce bilan répond à une exigence de redevabilité administrative : montrer ce qui a été fait.

À l’inverse, le bilan produit par le département politique et de suivi-évaluation de la Présidence est un bilan d’analyse et de pilotage stratégique. Il ne se limite pas à recenser les actions ; il cherche à en mesurer la cohérence, l’efficacité et l’impact réel. Il adopte une approche transversale, croise les données, identifie les écarts entre les objectifs annoncés et les résultats obtenus.

Ainsi, là où le Gouvernement décrit, la Présidence évalue.

Là où le premier met en avant les réalisations, le second interroge leur portée.

Des différences assumées et nécessaires

Ces deux bilans diffèrent sur plusieurs plans essentiels.

D’abord, leur finalité :le Gouvernement cherche à valoriser l’action publique ;le suivi-évaluation vise à apprécier la performance globale.

Ensuite, leur angle d’analyse :sectoriel pour les ministères ; global et systémique pour la Présidence.

Enfin, leur tonalité : souvent positive et justificative côté gouvernemental ; plus critique et analytique du côté du suivi-évaluation.

Ces différences ne traduisent pas une contradiction, mais une division fonctionnelle du travail public.

Une complémentarité stratégique

L’intérêt majeur réside précisément dans la complémentarité entre ces deux exercices.Le bilan gouvernemental constitue la matière première : sans données, sans remontées d’informations, sans description des actions, aucune évaluation sérieuse n’est possible. Il offre une vision détaillée de l’activité de l’État.

Le bilan du département de suivi-évaluation, quant à lui, apporte la mise en perspective. Il permet de répondre à des questions essentielles : les actions entreprises produisent-elles les effets attendus ? Les ressources sont-elles utilisées efficacement ? Les politiques publiques améliorent-elles réellement la vie des citoyens ?

En d’autres termes : le Gouvernement dit ce qui a été fait ;la Présidence analyse ce que cela change réellement.

Un levier de bonne gouvernance

Cette complémentarité est au cœur d’une gouvernance moderne et efficace. Elle permet :

-d’identifier les forces et les faiblesses de l’action publique ;

-d’ajuster les politiques en temps réel ;de renforcer la transparence et la crédibilité de l’État ;

-d’améliorer la prise de décision stratégique.

Sans le bilan gouvernemental, l’évaluation manquerait de substance.

Sans le suivi-évaluation, l’action publique risquerait de rester sans véritable mesure d’impact.

En conclusion : agir et mesurer, un impératif indissociable

Opposer ces deux bilans serait une erreur. Leur coexistence est non seulement logique, mais indispensable.

Le premier rend compte de l’effort fourni. Le second en juge la pertinence et l’efficacité. Ensemble, ils traduisent une ambition commune : passer d’une culture de l’action à une culture du résultat.

Dans un contexte de refondation de l’État, cette double lecture constitue un atout majeur. Elle permet de dépasser la simple logique d’exécution pour inscrire durablement l’action publique dans une dynamique de performance, de redevabilité et d’impact réel au service des citoyens.

Petit-Lambert Ovono, Conseiller Spécial, Chef de Département politique, suivi-évaluation des politiques publiques, suivi du projet de société

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