La culture est une notion universelle admise comme l’identité d’un peuple.
Sur le plan scientifique, la culture désigne l’ensemble des connaissances, croyances, arts, lois, coutumes et savoir-faire acquis par l’homme en tant que membre d’une société.
De façon un peu plus prosaïque, on définit la culture comme ce qui reste lorsque l’on a tout oublié.
Elle englobe les modes de vie et systèmes de valeurs, transmis de génération en génération, qui façonnent l’identité d’un groupe ou d’une nation.
Une notion riche en enseignements qui vient de rappeler le gouvernement aux bons souvenirs de la tradition.
En effet un projet de décret a été pris, en application de l’article 95 de la constitution, pour instituer le port de la tenue traditionnelle dans l’administration, tous les vendredis, initiative louable qui pourrait être suivie d’un certain nombre de mesures censées affirmer l’identité culturelle du Gabonais.
Après l’institution de la tenue traditionnelle, le gouvernement pourrait également imaginer, l’instauration des mesures dissuasives pour protéger les finances publiques contre l’action prédatrice des mercenaires à cols blancs.
En effet, on pourrait imaginer l’introduction des pratiques traditionnelles dans le code civil, qui décourageraient le détournement de fonds publics, en mettant à contribution nos rites tels le ndjobi, le muiri, le bwiti etc.
Toute chose qui pourrait encourager l’assainissement des finances publiques, la moralisation de la vie publique.
Aujourd’hui, on danse au festival, on s’habille en raphia le 17 août, on expose les masques au musée, on déclame des discours sur l’identité culturelle, et puis le 18 août, on range tout, le costume cravate revient. Le code civil à l’occidentale reprend ses droits, la tradition redevient folklore, on l’a revalorisée, dit-on, mais l’a-t-on réhabilitée ? Et si on pouvait aller un peu plus loin ?
La Vè République parle de refondation, mais refondre ce n’est pas seulement changer les institutions, c’est reconnecter l’État à son âme. Et l’âme d’un peuple, c’est sa mémoire, sa langue, ses codes, ses interdits, ses façons de naître, de grandir, de mourir.
On ne développe pas un pays contre sa culture, on le développe avec elle, ou on ne le développe pas.
Alors oui, mettons les masques au musée, mais sortons les valeurs du musée, car une tradition qui ne sert pas à vivre ne mérite pas de survivre.
Hermann Ditsoga, partisan de la norme

