À quelques heures de la finale retour de la TotalEnergies CAF Ligue des Champions 2026, le président de l’Association des Clubs Africains, Hersi Said, a salué les progrès réalisés par le football de clubs sur le continent, estimant que l’Afrique est engagée dans une phase de transformation majeure portée par l’augmentation des investissements et une meilleure structuration des compétitions.
Dans un entretien accordé à CAFOnline.com, le dirigeant tanzanien a notamment mis en avant l’évolution des ressources financières allouées aux clubs africains depuis l’arrivée de Patrice Motsepe à la tête de la Confédération africaine de football.
Selon lui, l’enveloppe globale distribuée aux clubs engagés dans les compétitions africaines est passée de 19 millions de dollars (soit 10.742.083.691 milliards de francs CFA) en 2021 à près de 48 millions de dollars (soit 27.137.739.160 milliards de francs CFA) par saison en 2026.
Cette hausse concerne notamment :
- les primes de participation ;
- les récompenses attribuées aux vainqueurs ;
- les aides versées aux clubs éliminés dès les tours préliminaires.
Le vainqueur de la Ligue des champions CAF percevra désormais 6 millions de dollars, tandis que le champion de la Coupe de la Confédération touchera 4 millions de dollars.
Une prime de solidarité inédite
Parmi les mesures saluées par Hersi Said figure également l’introduction d’une prime de solidarité de 100 000 dollars destinée aux clubs éliminés dès les premiers tours des compétitions continentales.
Selon le président de l’ACA, cette aide répond à une réalité économique importante du football africain.
« Voyager en Afrique est extrêmement coûteux. Dès qu’un club participe aux compétitions continentales, les frais de transport, d’hébergement et de logistique deviennent très élevés », explique-t-il.
Pour de nombreux clubs africains, souvent confrontés à des ressources limitées, cette contribution permet de réduire une partie des charges liées aux déplacements continentaux.
Hersi Said rappelle que cette mesure n’existait pas auparavant et qu’elle constitue une avancée importante dans le soutien au développement des clubs.
Un niveau sportif en progression
Le président de l’Association des Clubs Africains estime également que le niveau du football africain progresse rapidement.
Selon lui, les compétitions interclubs africaines affichent aujourd’hui :
- davantage d’intensité ;
- une meilleure qualité tactique ;
- une organisation plus professionnelle ;
- une concurrence plus élevée.
« Le football africain avance à grande vitesse », affirme-t-il.
Le dirigeant souligne également les progrès observés lors des dernières compétitions continentales, notamment la CAN et le CHAN.
Pour la CAF, le développement du football de clubs est devenu un enjeu stratégique afin de :
- renforcer l’attractivité des compétitions africaines ;
- améliorer les revenus commerciaux ;
- retenir davantage les talents africains ;
- accroître la visibilité internationale des clubs du continent.
L’ACA veut fédérer les clubs africains
Créée récemment, l’Association des Clubs Africains cherche à devenir une structure de référence pour les clubs du continent.
Basée à Rabat, l’organisation ambitionne de jouer un rôle similaire à celui de l’Association européenne des clubs (ECA) en Europe.
Hersi Said explique que l’objectif est de :
- représenter les intérêts des clubs africains ;
- améliorer leur gouvernance ;
- favoriser leur professionnalisation ;
- créer une plateforme commune de dialogue avec la CAF.
« Nous voulons que les clubs comprennent que l’ACA est leur porte-voix collectif », déclare-t-il.
L’organisation souhaite notamment accompagner les clubs sur :
- les questions économiques ;
- la gestion administrative ;
- les modèles de développement ;
- les partenariats commerciaux.
Des défis encore importants
Malgré les progrès enregistrés, plusieurs défis demeurent pour le football africain.
Le continent reste confronté :
- au manque d’infrastructures modernes ;
- à des revenus télévisuels limités ;
- aux difficultés financières de nombreux clubs ;
- à la fuite précoce des meilleurs joueurs vers l’étranger.
Pour les dirigeants du football africain, l’enjeu est désormais de transformer l’augmentation des investissements en développement durable capable de renforcer les championnats locaux et la compétitivité des clubs africains sur la scène internationale.
Alors que la finale de la Ligue des champions CAF doit se jouer ce dimanche à Rabat, les responsables du football continental veulent faire de cette nouvelle dynamique un symbole du renouveau du football de clubs africain.

