La deuxième édition du festival de cinéma « Les Reflets de l’Ogooué » s’ouvre sous le signe de l’inclusion, de la valorisation du patrimoine culturel gabonais et de la promotion des talents émergents du 7e art national. Organisé par l’ONG Terre d’Espoir en partenariat avec le Ministère en charge du Rayonnement culturel, le Ministère de la Communication et des Médias, l’Institut Gabonais de l’Image et du Son ainsi que la mairie de Libreville, l’événement entend confirmer sa place parmi les rendez-vous culturels majeurs du pays.
Après une première édition organisée exclusivement à Libreville, le festival élargit cette année son rayonnement à deux autres villes stratégiques : Lambaréné et Port-Gentil. Une extension géographique qui traduit la volonté des organisateurs de démocratiser l’accès au cinéma gabonais et de rapprocher les œuvres audiovisuelles des populations de l’intérieur du pays.
Une plateforme de promotion du cinéma national
Le festival a pour vocation première de soutenir la création cinématographique gabonaise en offrant une vitrine aux réalisateurs locaux, qu’ils résident au Gabon ou au sein de la diaspora. Courts-métrages, documentaires, films d’animation, séries et longs-métrages seront projetés devant le public lors de plusieurs séances prévues en plein air et dans des salles municipales.
Cette année, l’événement met particulièrement l’accent sur les femmes cinéastes à travers le thème : « Regards de femmes, récits de demain ». Un choix symbolique qui vise à encourager une plus grande représentation féminine dans l’industrie audiovisuelle nationale, encore largement dominée par les hommes.
Au-delà des projections, le festival se veut également un espace de réflexion sur les enjeux sociaux contemporains. Les organisateurs annoncent notamment une programmation sensible aux droits des jeunes, des femmes et des personnes vivant avec un handicap, dans une logique d’inclusion culturelle et citoyenne.
Un outil de structuration de la filière audiovisuelle
Dans un contexte où le cinéma gabonais cherche encore à consolider ses mécanismes de financement, de diffusion et de professionnalisation, Les Reflets de l’Ogooué ambitionne aussi de participer à la structuration de la filière.
L’un des axes majeurs de cette deuxième édition repose sur le renforcement des capacités des jeunes issus des filières audiovisuelles et numériques. Plus d’une centaine d’étudiants de l’Institut Philippe Maury et de l’INPTIC bénéficieront de formations ciblées, de mentorat et d’ateliers autour de l’entrepreneuriat culturel.
Pour les organisateurs, l’objectif est double : favoriser l’émergence d’une nouvelle génération de professionnels de l’image et encourager la création d’emplois dans les industries culturelles et créatives, un secteur considéré comme stratégique pour la diversification économique du Gabon.
Trois villes mobilisées autour du 7e art
Le programme de cette édition 2026 se déploiera sur plusieurs sites :
-Du 26 au 29 mai à Libreville, avec des séances de cinéma en plein air organisées sur la Promenade du Bord de mer et au Lycée Léon Mba ;
-Le 31 mai à Lambaréné, dans la salle de la mairie centrale ;
-Du 4 au 5 juin à Port-Gentil.
Cette présence multisite constitue l’une des principales innovations du festival et témoigne d’une volonté d’ancrage national. Les organisateurs espèrent ainsi toucher un public plus large, notamment les jeunes souvent éloignés des circuits traditionnels de diffusion culturelle.
Les enjeux d’un cinéma gabonais en quête de visibilité
Malgré l’existence de nombreux talents, le cinéma gabonais demeure confronté à plusieurs difficultés structurelles : insuffisance des salles de projection, faibles financements privés, rareté des plateformes de diffusion et manque de formations spécialisées.
Dans ce contexte, les festivals apparaissent comme des leviers essentiels pour stimuler la production locale et renforcer la visibilité des créateurs gabonais à l’échelle régionale et internationale.
Avec cette deuxième édition, Les Reflets de l’Ogooué ambitionne donc de dépasser le simple cadre événementiel pour devenir un véritable outil de rayonnement culturel, de cohésion sociale et de développement de l’économie créative au Gabon.
À travers le cinéma, les organisateurs souhaitent surtout raconter le Gabon autrement : par ses histoires, ses réalités sociales, ses traditions et les regards de sa jeunesse.

