Le Festival International du Livre Gabonais et des Arts (FILIGA) a officiellement ouvert sa cinquième édition jeudi 28 mai 2026 au Musée national des Arts, Rites et Traditions du Gabon, à Libreville, en présence de membres du gouvernement en particulier le ministre de la jeunesse, des sports, du rayonnement culturel et des arts Paul Ulrich Kessany, du corps diplomatique, d’écrivains, d’artistes et de délégations venues de plusieurs pays africains.
Placée sous le thème « L’Afrique et ses diasporas : regards croisés sur le monde », cette édition se veut à la fois un espace de réflexion intellectuelle, de dialogue culturel et de promotion des industries créatives africaines.

Une édition marquée par la présence internationale
Pour cette cinquième édition, le FILIGA accueille la République centrafricaine comme pays invité d’honneur. Sur les vingt pays initialement annoncés, dix délégations ont finalement confirmé leur participation malgré des perturbations du trafic aérien international.
Parmi les pays représentés figurent notamment :
- la France,
- le Bénin,
- le Cameroun,
- la Guinée,
- le Togo,
- le Burkina Faso,
- le Sénégal,
- la République démocratique du Congo,
- le Niger,
- la République centrafricaine.
Les organisateurs ont indiqué que plusieurs intervenants internationaux n’ont pas pu rejoindre Libreville à temps en raison de l’arrêt de certains vols de Royal Air Maroc à destination du Gabon.
Conséquence directe : la conférence inaugurale du festival, initialement prévue le 28 mai, a été reportée au vendredi 29 mai à l’Institut Français du Gabon.
La diaspora africaine au centre des débats
Dans les différentes allocutions prononcées lors de la cérémonie d’ouverture, la question des diasporas africaines a occupé une place centrale.
Les intervenants ont insisté sur le rôle stratégique des diasporas dans :
- le développement économique,
- le rayonnement culturel,
- les investissements,
- la diplomatie d’influence,
- la circulation des savoirs.
Pour plusieurs responsables culturels et institutionnels présents, les diasporas africaines ne doivent plus être considérées comme de simples communautés vivant à l’étranger, mais comme de véritables partenaires du développement du continent.
« Les diasporas sont des passerelles vivantes entre les peuples, les cultures et les imaginaires », a résumé l’un des intervenants au cours de la cérémonie.
Le livre et la culture comme leviers de développement
Au-delà de la littérature, le FILIGA entend promouvoir une vision plus large des industries culturelles et créatives africaines.
Les organisateurs ont rappelé que la culture représente aujourd’hui un secteur économique stratégique à l’échelle mondiale. Selon les chiffres de l’UNESCO, les industries culturelles et créatives génèrent plus de 50 millions d’emplois dans le monde et contribuent à plus de 3 % du PIB mondial.
Au Gabon, les acteurs culturels estiment que le secteur reste encore insuffisamment structuré malgré un potentiel important porté par :
- la jeunesse,
- le numérique,
- les patrimoines culturels,
- la création artistique.
Le FILIGA veut ainsi contribuer à :
- soutenir les auteurs et éditeurs,
- renforcer la chaîne du livre,
- promouvoir la lecture publique,
- encourager les échanges intellectuels africains.
La culture comme réponse aux fractures contemporaines
Plusieurs discours ont également mis en avant le rôle de la culture face aux crises contemporaines.
Dans un contexte marqué par les conflits, les fractures identitaires et les tensions géopolitiques, les intervenants ont défendu la culture comme un outil de dialogue, de cohésion sociale et de rapprochement entre les peuples.
« La culture est une passerelle entre les civilisations », a déclaré un représentant institutionnel, soulignant que les échanges culturels permettent de mieux se connaître et de réduire les incompréhensions entre sociétés.
Cette vision rejoint les orientations portées par les autorités gabonaises qui cherchent à renforcer le rayonnement culturel du pays à travers la diplomatie culturelle et les industries créatives.
Une première autour de “Miss Littérature Gabon”
L’édition 2026 est également marquée par le lancement du concours Miss Littérature Gabon, présenté comme une initiative visant à promouvoir « la beauté intelligente » et la valorisation des femmes dans les milieux culturels et intellectuels.
La finale est prévue le 30 mai dans la salle d’exposition du ministère de la Culture et des Arts.
Pour les organisateurs, cette initiative doit permettre de renforcer la visibilité des jeunes femmes engagées dans les domaines de la littérature, de l’éducation et de la culture.
Un festival en quête de structuration durable
Créé il y a cinq ans, le FILIGA poursuit son ambition de devenir un rendez-vous culturel majeur en Afrique centrale.
Les organisateurs reconnaissent toutefois les difficultés persistantes auxquelles fait face le secteur culturel gabonais :
- faiblesse des financements,
- insuffisance des infrastructures,
- difficultés de diffusion des œuvres,
- manque de soutien durable aux acteurs culturels.
Malgré ces contraintes, le festival continue de se développer grâce à l’engagement des bénévoles, des écrivains, des partenaires institutionnels et des passionnés du livre.
Le défi du rayonnement africain
À travers cette cinquième édition, le FILIGA cherche désormais à dépasser le simple cadre événementiel pour devenir un outil durable de rayonnement culturel africain.
Entre réflexion intellectuelle, promotion artistique et diplomatie culturelle, le festival veut contribuer à construire un récit africain porté par les Africains eux-mêmes, dans un contexte mondial marqué par la compétition des influences culturelles.
Pendant trois jours, Libreville devient ainsi un espace de rencontres, de débats et de dialogue autour de l’Afrique, de ses mémoires et de ses diasporas.

