L’accaparement des emblèmes de la République, une pratique adoptée par les partis politiques au pouvoir au Gabon

Nul ne s’accaparer pour une utilisation partisane, les emblèmes de la République, c’est l’esprit d’une disposition Constitutionnelle qui a toujours été piétinée par les partis au pouvoir au Gabon, depuis le retour au pluralisme politique, et ce jusqu’à nos jours.

En effet, la IVè République l’avait écrit, certainement pour se donner bonne conscience, la VÈ République la lit pour la forme. Depuis plus de 40 ans de pratique politique, cet article n’aurait jamais produit d’effets, car régulièrement violé par le PDG hier, puis par L’UDB, depuis bientôt deux ans.

Dans une République démocratique qui fait de l’observation de la Loi, une vertu cardinale, les partis politiques au pouvoir devraient briller par l’exemplarité dans le respect de la norme. Or, au terme des dispositions de *l’article 4 de la loi 16/2011, les partis politiques…. s’interdisent l’usage, pour leurs activités, des emblèmes de la République*. La violation de cette disposition est assortie d’un avertissement, d’une suspension, et d’une dissolution. Malheureusement,

Qu’avons-nous observé depuis le retour au pluralisme politique. Un PDGisme drapé du vert-jaune-bleu, emblème national à l’intengibilité garantie par la constitution. Malgré les différentes saisines de l’UPG, très à cheval sur les principes, de la Cour Constitutionnelle pour violation de la loi, aucune condamnation n’avait été prononcée. Aujourd’hui, L’UDB nouveau parti au pouvoir n’entend pas briser la mauvaise pratique.

En effet, pas un seul meeting, n’est accompagné de tee-shirts, des signes distinctifs sur fond du drapeau national. Même le candidat de la tendance au pouvoir n’avait pas échappé à la règle, photo, prospectus, casquettes et autres babioles de campagne, au couleur du drapeau national, bien que proscrit par la loi. La photo du candidat avait acquitté le coupable. Pendant que la loi continue de dormir au journal officiel, le drapeau, lui, continue de travailler pour le parti. La IVÈ République violait la loi, la Vè République, elle, la filme uniquement, sans obligation de l’observer.

Aujourd’hui, la grande question est celle de savoir, pourquoi « nul » devient « tous », quels sont les alibis de l’accaparement ?

Alibi 1*: C’est patriotique : traduction sous la IVÈ République, le PDG c’était le Gabon, critiquer le parti équivalait à trahir le pays. Le drapeau servait de gilet pare-balles contre le mauvais bilan.

Alibi 2 : « les autres le font »: le PDG l’a fait 50 ans, donc on peut faire comme lui, mais cette fois pour le bien. La rupture s’est désormais transformée en, copier le vice et changer la victime.

Alibi 3 : « il n’y a pas de sanction » : qui a déjà dissous un parti pour usage privé du drapeau ? Perd. Qui a déjà eu une amende ? Personne. Une loi qui n’a jamais fait des victimes même en cas de violation, n’est qu’une simple suggestion.Nul ne peut, est devenu tout le monde peut, pourvu que tu sois du parti au pouvoir*. C’est la définition PDGiste de la constitution. Un texte que l’on brandit contre les autres et que l’on plie pour soi.

À force de fermer les yeux devant cette violation flagrante de la loi, le gamin qui voit le drapeau national associé aux signes distinctifs du parti, grandit en croyant que l’État a un parti. Le jour où il votera contre, il croirait voter contre le Gabon. Sans se rendre compte, on fabrique des apatrides de l’intérieur.

Longtemps le PDG s’est caché derrière le drapeau, mais le 30 août 2023 est venu arraché les deux. Un parti qui s’est marié au drapeau, venait de mourir avec le drapeau dès lors que le peuple avait divorcé.

À force de voir le sceau de la République sur les banderoles menteuses des partis, le peuple ne croit plus à la neutralité du sceau. On finit par tuer le sacré à coups de meeting.

Ainsi il serait grand temps pour la VÈ République de rompre avec le déni de la Loi, une pratique qui a prospéré sous la IVÈ République. La posture réformatrice de la VÈ République pourrait ainsi conduire les plus hautes autorités à décréter le retrait des emblèmes de la République, des affiches et de tous les autres objets du patrimoine des partis politiques pour les ramener à la République.

Pour donner le meilleur exemple, on pourrait commencer de préférence par les partis politiques de la galaxie présidentielle.

Dès lors que l’armée a déclaré le 30 août 2023, rendre la dignité aux Gabonais, le pays devra être rendu aux Gabonais, et le drapeau à République.

Le drapeau national n’est ni à vendre, ni à louer, encore moins à coller. Il est à hisser par tous et pour tous*. Le parti qui met la main sur le drapeau, met la main dans le pays, et la main qui vole le symbole pourrait demain voler le trésor.

Nul ne peut s’accaparer les emblèmes, y compris et surtout les militants du parti au pouvoir. La crédibilité de la VÈ République pourrait davantage être appréciée le jour où elle refusera ce que la IVÈ République s’autorisait, au titre du viole de la loi.

Hermann Ditsoga, partisan de la norme

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