Gab’Oil : Renée-Patricia Ku-Kumbe Ivigu quitte ses fonctions en laissant une entreprise financièrement stabilisée et en pleine expansion

La page Renée-Patricia Ku-Kumbe Ivigu se tourne à la tête de la société nationale de distribution des produits pétroliers Gab’Oil. Lors de la cérémonie officielle de passation de charges organisée ce lundi à Libreville avec son successeur, Éric Sounda, la directrice générale sortante a présenté un bilan qu’elle juge positif, marqué par une amélioration significative des indicateurs financiers, un renforcement du réseau de distribution et une relance des activités liées au gaz domestique.

Une dette envers la Sogara fortement réduite

Parmi les principaux indicateurs avancés par la dirigeante sortante figure la réduction progressive de l’endettement de l’entreprise envers Société gabonaise de raffinage, principal fournisseur national de produits pétroliers raffinés.Selon les chiffres communiqués, Gab’Oil avait enregistré en 2025 une facturation globale de 34 milliards de FCFA auprès de la Sogara. Sur ce montant, 21,5 milliards de FCFA avaient été réglés avant la clôture de l’exercice.

À ce jour, la dette facturée s’élève à 12 milliards de FCFA, dont 9,5 milliards de FCFA ont déjà été remboursés. Une évolution qui traduit, selon la direction sortante, un effort soutenu d’assainissement financier et une meilleure maîtrise des engagements vis-à-vis des partenaires stratégiques.

Une trésorerie préservée malgré des investissements importants

L’un des points mis en avant concerne la stabilité de la trésorerie de l’entreprise.

À son arrivée à la tête de Gab’Oil, Renée-Patricia Ku-Kumbe Ivigu avait hérité d’une trésorerie évaluée à 6,7 milliards de FCFA. Malgré plusieurs projets d’investissement engagés au cours de son mandat, la société affiche aujourd’hui une trésorerie de 6,9 milliards de FCFA.

Plus significatif encore, selon les responsables de l’entreprise, le niveau de liquidités n’est jamais descendu sous le seuil de sauvegarde fixé à 5 milliards de FCFA, témoignant d’une gestion prudente des flux financiers dans un contexte économique parfois contraint.

Retour à une création de valeur positive

Sur le plan de la performance économique, Gab’Oil semble avoir amorcé un redressement notable.

Après trois exercices successifs marqués par une valeur ajoutée négative, l’entreprise affiche désormais une valeur ajoutée positive de 1,45 milliard de FCFA.

Cette amélioration est attribuée à plusieurs mesures internes, notamment la rationalisation des dépenses d’exploitation, la maîtrise des coûts de fonctionnement et l’optimisation des processus logistiques.

La progression de la marge commerciale illustre également cette dynamique. Celle-ci est passée de 2,6 milliards de FCFA en 2024 à 4,186 milliards de FCFA en 2025, soit une hausse de plus de 61 % en une année.

Cette performance résulte principalement d’une meilleure gestion des stocks et d’une optimisation des circuits d’approvisionnement.

Un réseau de distribution en forte croissance

Au-delà des résultats financiers, la direction sortante met en avant les avancées réalisées dans le déploiement du réseau national de distribution.

En quelques années, Gab’Oil est passée de sept à douze stations-service opérationnelles sur l’ensemble du territoire national, renforçant ainsi sa présence dans plusieurs localités stratégiques.

Trois nouveaux projets structurants sont actuellement en cours :

-La station-service de Bikélé, achevée à 90 % ;

-La station-service de Moanda, réalisée à 85 % ;

-La station-service de Moabi, dont le taux d’exécution atteint 65 %.

Ces infrastructures devraient contribuer à améliorer l’accessibilité des produits pétroliers et à consolider la position de Gab’Oil sur le marché national.

La relance du segment gaz, un enjeu social majeurL’autre axe majeur du mandat concerne le développement de l’activité gaz, considérée comme stratégique pour les ménages gabonais.

Dans cette optique, Gab’Oil a procédé à l’acquisition de 10 000 bouteilles de gaz supplémentaires, de 400 présentoirs commerciaux et à la réhabilitation de 250 racks destinés au stockage et à la distribution.

Ces investissements visent à améliorer l’accès des populations au gaz domestique tout en renforçant les normes de sécurité, d’hygiène et de protection de l’environnement.

Dans un pays où la consommation de gaz constitue un levier important pour réduire la pression sur les ressources forestières utilisées comme combustible domestique, cette orientation revêt également une dimension environnementale.

Quels défis pour Éric Sounda ?

Si le bilan présenté est globalement positif, plusieurs défis demeurent pour la nouvelle équipe dirigeante.

Le premier concerne l’achèvement des infrastructures en cours et leur rentabilisation rapide. Le second porte sur la poursuite de la réduction de la dette résiduelle envers la Sogara et le maintien d’une trésorerie solide dans un contexte marqué par la volatilité des marchés pétroliers internationaux.

La montée en puissance du segment gaz, l’amélioration continue de la couverture territoriale et le renforcement de la compétitivité face aux opérateurs privés figurent également parmi les priorités qui attendent le nouveau directeur général.

Une transition placée sous le signe de la continuité

Au terme de son intervention, Renée-Patricia Ku-Kumbe Ivigu a affirmé quitter ses fonctions avec « le sentiment du devoir accompli », estimant avoir contribué à consolider les bases financières et opérationnelles de Gab’Oil.

La passation de charges avec Éric Sounda intervient dans un contexte où l’État gabonais poursuit sa stratégie de renforcement des entreprises publiques considérées comme essentielles à la souveraineté énergétique nationale. Les résultats des prochaines années permettront d’évaluer si la dynamique engagée sous la direction sortante pourra être maintenue et amplifiée.

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