Le groupe guinéen SONOCO annonce un investissement majeur dans la filière avicole du Gabon

Le Gabon pourrait bientôt franchir une étape décisive dans sa quête de souveraineté alimentaire. Reçu mardi 9 juin par le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, le groupe panafricain SONOCO a confirmé son intention d’investir massivement dans le secteur agroalimentaire gabonais, avec un accent particulier sur le développement de la filière avicole.

Conduite par son Directeur général, Abdoul Karim Diallo, la délégation du conglomérat guinéen a présenté les grandes lignes d’un projet industriel ambitieux qui s’inscrit dans le prolongement des échanges initiés lors du Forum de Kigali, organisé les 14 et 15 mai 2026. À cette occasion, le chef de l’État gabonais avait lancé un appel aux investisseurs africains pour accompagner la transformation économique du pays.

Le groupe SONOCO, acteur de référence dans plusieurs secteurs d’activité en Afrique de l’Ouest, a répondu favorablement à cette invitation en choisissant le Gabon comme nouvelle destination de ses investissements agro-industriels.

Une réponse à la dépendance alimentaire

Au cœur du projet figure la création d’une filière avicole intégrée destinée à réduire la forte dépendance du pays aux importations de produits carnés, notamment les poulets congelés. Cette dépendance constitue depuis plusieurs années un défi économique majeur, tant pour la balance commerciale que pour la sécurité alimentaire nationale.

Pour y remédier, SONOCO prévoit de déployer au Gabon un modèle déjà éprouvé en Guinée et dans d’autres pays africains. L’approche repose sur la maîtrise complète de la chaîne de production, depuis la culture des matières premières destinées à l’alimentation animale jusqu’à la commercialisation des produits finis.

Le programme prévoit notamment la production locale de matières premières végétales, la construction d’une usine moderne d’aliments pour volailles, l’installation de couvoirs et de poussinières, la création de fermes de ponte et d’élevage de poulets de chair ainsi que la mise en place d’un abattoir industriel répondant aux normes internationales.

Plus de 15 millions de poulets produits chaque année

L’ambition affichée est de taille. Le groupe vise une production annuelle de plus de 15 millions de poulets de chair, un volume susceptible de couvrir l’ensemble des besoins du marché national et de mettre fin aux importations sur ce segment.

Au-delà de l’autosuffisance alimentaire, le projet pourrait également devenir un moteur de création d’emplois. Selon les projections avancées, plusieurs milliers d’emplois directs et indirects devraient être générés tout au long de la chaîne de valeur. En Guinée, où SONOCO a déjà développé une filière similaire, près de 4 000 emplois ont été créés.

Une dynamique de transformation économique

Pour les autorités gabonaises, cet investissement s’inscrit pleinement dans la stratégie nationale de diversification économique et de développement des secteurs productifs. En favorisant l’émergence d’une industrie agroalimentaire locale, le gouvernement entend réduire les importations, renforcer la sécurité sanitaire des aliments et accroître la valeur ajoutée produite sur le territoire national.

Le projet est désormais entré dans sa phase de mise en œuvre. Les procédures administratives et foncières sont en cours de finalisation avec les administrations compétentes, tandis que les premières infrastructures devraient être opérationnelles dans les prochains mois.

Un symbole de coopération Sud-Sud

Au-delà de ses retombées économiques, ce partenariat illustre la volonté croissante des pays africains de bâtir des modèles de développement fondés sur la coopération régionale. En associant investissements, transfert de compétences et partage d’expertise, le projet porté par SONOCO apparaît comme un exemple concret de coopération Sud-Sud au service de l’industrialisation du continent.

Avec cette initiative, le Gabon espère accélérer sa transition vers une économie plus productive et moins dépendante des importations, tout en faisant de l’agriculture et de l’agro-industrie des piliers de sa croissance future.

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