La Mairie de Libreville franchit une nouvelle étape dans la modernisation de son administration. Vendredi 12 juin 2026, la municipalité a officiellement lancé la phase pilote de digitalisation du recouvrement des taxes municipales au marché Mont-Bouët, le plus grand centre commercial de la capitale gabonaise. Cette réforme, menée en partenariat avec les opérateurs de mobile money Airtel Money et Moov Money, vise à renforcer la transparence financière, sécuriser les recettes publiques et simplifier les démarches des commerçants.
La cérémonie de lancement a été présidée par le maire de Libreville, Eugène MBA, entouré de plusieurs membres de l’exécutif municipal, notamment Juste Roméo Mouyopa, deuxième adjoint au maire, Thierry Akendengue-N’Kolo, cinquième adjoint au maire, et Andy Makindey Nze Nguema, sixième adjoint au maire, ainsi que des maires d’arrondissement.
Une réforme au cœur de la modernisation municipale
Avec ce nouveau dispositif, les commerçants du marché Mont-Bouët pourront désormais s’acquitter de leurs taxes municipales directement depuis leur téléphone portable, sans avoir à manipuler d’argent liquide ni à effectuer de longues démarches administratives.
L’objectif est multiple : améliorer l’efficacité du recouvrement, réduire les risques liés à la circulation d’espèces, limiter les fraudes et garantir une meilleure traçabilité des recettes municipales.
Cette initiative s’inscrit dans la stratégie de modernisation de l’administration locale engagée par la municipalité, dans un contexte où la digitalisation des services publics devient un enjeu majeur de gouvernance.
Selon les responsables municipaux, le paiement électronique permettra également de lutter contre certaines pratiques informelles qui affectent le rendement des recettes communales et compliquent le suivi des opérations financières.
Mont-Bouët, laboratoire de la transformation numérique
Le choix du marché Mont-Bouët n’est pas anodin. Véritable poumon économique de Libreville, ce marché accueille quotidiennement plusieurs milliers de commerçants et de clients.
Considéré comme l’un des plus importants espaces marchands du Gabon, il constitue un terrain idéal pour tester ce nouveau système avant son déploiement à plus grande échelle.
La municipalité espère ainsi mesurer l’adhésion des commerçants, évaluer l’efficacité du dispositif et identifier les éventuels ajustements nécessaires avant son extension à l’ensemble des marchés de la capitale.
Des recettes mieux sécurisées
Pour les collectivités locales, la question du recouvrement des taxes constitue un enjeu financier majeur.
Dans de nombreuses villes africaines, les recettes issues des marchés représentent une part importante des ressources propres des municipalités. Toutefois, les systèmes de collecte traditionnels sont souvent confrontés à des difficultés liées à la gestion manuelle, aux erreurs de comptabilité ou aux détournements.
La digitalisation offre ainsi plusieurs avantages :
- une traçabilité complète des paiements ;
- une réduction des manipulations d’espèces ;
- une meilleure sécurisation des recettes ;
- une disponibilité immédiate des données financières ;
- une amélioration du contrôle administratif.
Pour les commerçants, le système permet également d’obtenir une preuve de paiement instantanée et sécurisée.
Un enjeu de gouvernance locale
Au-delà de l’aspect technologique, cette réforme participe à l’amélioration de la gouvernance municipale.
En modernisant ses mécanismes de collecte, la Mairie de Libreville entend renforcer la confiance entre l’administration et les usagers tout en optimisant ses capacités de financement.
L’amélioration du recouvrement des recettes pourrait permettre à terme de dégager davantage de ressources pour financer les infrastructures urbaines, l’entretien des marchés, la gestion des déchets ou encore l’amélioration des services publics locaux.
Cette démarche rejoint les recommandations de plusieurs institutions internationales qui encouragent les collectivités africaines à adopter des solutions numériques pour renforcer la transparence et l’efficacité de leur gestion financière.
Une extension progressive à l’ensemble des marchés
La phase pilote lancée à Mont-Bouët constitue la première étape d’un programme plus vaste.
Selon la municipalité, le dispositif sera progressivement étendu aux autres marchés de la commune de Libreville dans les prochains mois.
L’ambition affichée est de construire un système moderne de gestion des recettes municipales capable de répondre aux exigences d’une capitale en pleine mutation.
À travers cette initiative, Libreville rejoint ainsi le cercle des villes africaines qui misent sur les technologies numériques pour moderniser leurs services publics et renforcer la performance de leur administration.
En lançant le paiement électronique des taxes municipales, la capitale gabonaise fait un pas supplémentaire vers une gestion plus transparente, plus efficace et mieux adaptée aux défis de la ville de demain.

