Île Mbanié : Le Gabon se positionne pour une solution gagnant-gagnant pour les deux peuples

Un an après la décision de la Cour internationale de Justice (CIJ) attribuant la souveraineté de l’île Mbanié à la Guinée Équatoriale, le Gabon poursuit une approche fondée sur le respect du droit international et la recherche d’une solution concertée avec son voisin. Une posture réaffirmée par le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, qui a déclaré lors de son discours sur l’état de la Nation lundi 15 juin 2026 que « le Gabon respecte la décision de justice », tout en privilégiant la voie du dialogue pour préserver les intérêts des deux pays.

Le 19 mai 2025, la Cour internationale de Justice, basée à La Haye, a rendu son arrêt dans le différend frontalier opposant depuis plusieurs décennies le Gabon et la Guinée Équatoriale au sujet des îles Mbanié, Cocotiers et Conga, situées dans la baie de Corisco. Dans sa décision, la plus haute juridiction des Nations unies a reconnu la souveraineté de la Guinée Équatoriale sur ces territoires insulaires, en se fondant notamment sur les accords coloniaux franco-espagnols de 1900.

Cette décision est venue mettre un terme à un contentieux diplomatique ancien qui empoisonnait régulièrement les relations entre les deux États d’Afrique centrale. Bien que le verdict n’ait pas été favorable aux revendications gabonaises, Libreville a choisi de s’inscrire dans une logique de respect des institutions internationales.

« Le Gabon respecte la décision de justice », a ainsi affirmé le Président Brice Clotaire Oligui Nguema, réaffirmant l’attachement du pays aux principes du droit international et au règlement pacifique des différends. Une position saluée dans plusieurs cercles diplomatiques comme un signal de maturité politique et de responsabilité régionale.

Au-delà de la question territoriale, plusieurs observateurs estiment que cette décision présente également des avantages stratégiques pour le Gabon. D’abord, elle met fin à une incertitude juridique qui pesait depuis plusieurs décennies sur cette zone du Golfe de Guinée. Cette clarification favorise un climat plus serein pour les relations bilatérales et les investissements dans une région réputée pour son potentiel économique et énergétique.

Ensuite, l’acceptation du verdict contribue à préserver la stabilité et la paix en Afrique Centrale. Dans un contexte international marqué par de nombreux différends frontaliers, le choix du Gabon de privilégier le droit plutôt que la confrontation renforce son image de partenaire fiable sur la scène régionale et internationale.

La décision de la CIJ ouvre également la voie à une coopération renforcée entre Libreville et Malabo dans plusieurs domaines stratégiques, notamment la sécurité maritime, la protection de l’environnement, la pêche et l’exploitation des ressources naturelles du Golfe de Guinée. Les espaces maritimes entourant l’île Mbanié sont en effet considérés comme présentant un intérêt économique important, notamment en raison des perspectives liées aux hydrocarbures et aux ressources halieutiques.

Pour les autorités gabonaises, l’enjeu n’est désormais plus de contester le verdict, mais de transformer cette page judiciaire en opportunité diplomatique. Depuis plusieurs mois, des discussions sont engagées entre les deux gouvernements afin d’examiner les mécanismes de coopération susceptibles de bénéficier aux populations des deux pays.Selon plusieurs sources diplomatiques, Libreville et Malabo travaillent à la mise en place d’un cadre de concertation permettant d’aborder les questions relatives à la gestion des ressources, à la coopération frontalière et au développement économique de la zone concernée. L’objectif affiché est de faire prévaloir les intérêts communs sur les divergences passées.

À travers cette démarche, le Gabon et la Guinée Équatoriale entendent démontrer qu’un différend territorial, même sensible, peut être résolu dans le respect du droit et dans un esprit de bon voisinage. Les deux pays poursuivent ainsi leurs négociations afin de parvenir à une solution gagnant-gagnant, conforme à leurs intérêts respectifs, tout en garantissant la stabilité régionale et la préservation durable de la paix entre les deux peuples.

Laisser un commentaire