La rumeur enfle depuis Dakar, Addis-Abeba et New York. Et si l’ancien Président du Sénégal, Macky Sall, visait le plus haut poste de la fonction publique internationale: Secrétaire Général des Nations Unies ?
Au-delà des jeux diplomatiques et des soutiens africains, une question revient, terre-à-terre et brutale: combien ça rapporte ?
Parce qu’en politique, l’ambition a un visage. Et parfois, elle a un bulletin de salaire.
Le chiffre qui fait rêver: entre 35.000 et 40.000 dollars net/mois
Officiellement, l’ONU ne « négocie » pas le salaire de son SG. Il est fixé par l’Assemblée Générale.
En 2026, le Secrétaire Général des Nations Unies perçoit environ 227.000 dollars bruts par an.
Mais attention, le plus important est ailleurs: il est exonéré d’impôts.
Résultat: son salaire net mensuel tourne autour de 18.000 à 19.000 dollars, soit plus de 11 millions FCFA par mois.
À cela s’ajoutent:
– Une résidence officielle à New York, dans l’Upper East Side
– Les frais de représentation, voyages en jet onusien, sécurité 24h/24
– Une pension à vie après le mandat
Pour un ancien chef d’État africain, ce n’est pas le salaire qui change la vie. C’est le statut. Le passage de « président d’un pays » à « président du monde ».
Au-delà de l’argent: le pouvoir symbolique
Soyons honnêtes: Macky Sall n’a pas besoin de 11 millions FCFA par mois.
Ce que vise un tel poste, c’est l’après-pouvoir. C’est la stature de « sage du monde ». C’est la tribune pour parler de paix, de climat, de dette africaine devant 193 pays.
L’ONU, c’est la seule institution où un Africain peut, pendant 5 ans renouvelables, parler d’égal à égal avec les États-Unis, la Chine, la Russie. Pour un continent qui réclame 2 sièges permanents au Conseil de Sécurité, envoyer un des siens à ce poste serait un message fort.
Le piège de la perception: service ou parachute doré ?
C’est là que la réflexion devient gênante.
Au Sénégal, au moment où la jeunesse réclame des emplois et où le budget est serré, annoncer qu’un ancien président pourrait toucher 11 millions/mois pour « parler au nom du monde » fait désordre.
On entend déjà: « Encore un parachute doré pour les anciens ».
Et pourtant, le rôle de SG n’a rien d’un poste de retraite. C’est 7j/7, des crises, des guerres, des veto. Kofi Annan, Ban Ki-moon, Antonio Guterres ont vieilli de 10 ans en 5 ans de mandat.
La vraie question n’est donc pas le salaire. C’est: à quoi servirait un Africain à la tête de l’ONU en 2026 ? Est-ce pour réformer le Conseil de Sécurité ? Pour porter la voix du Sahel ? Ou juste pour l’image ?
Le salaire est public. L’enjeu ne l’est pas.
Oui, le Secrétaire Général de l’ONU gagne environ 40.000 dollars bruts par mois. Oui, c’est l’un des plus hauts salaires de la fonction publique mondiale.
Mais réduire la candidature de Macky Sall à ce chiffre serait une erreur. Le vrai « salaire » qu’il cherche, s’il se présente, ce n’est pas en dollars. C’est en influence, en héritage, en place pour l’Afrique.
Reste aux États membres de l’ONU de décider si l’Afrique mérite enfin ce fauteuil. Et aux Africains de décider quel type de voix ils veulent y entendre.
Car au final, un SG ne vaut pas son salaire. Il vaut ses actes.
Et vous, pensez-vous que l’Afrique doit absolument avoir un SG de l’ONU ?
Dimitri AGBOZOH-GUIDIH

