Une danse populaire qui ne laisse personne au bord de la route, qui sait embarquer même les non fang dans le style, la cadence rythmée au son des tambours, marcasses, mais surtout ses chansons éducatives, parfois grossières, mais dont on n’arrive pas à trouver la valeur symbolique de cette danse dénommée « ELONE ».
Le mot « Elone » est le nom d’un arbre de notre forêt, classé parmi les « bois dures », très difficile à abattre. Pierre Claver ZENG avait utilisé la métaphore de l’Awu, qui sait « faire tomber l’ELONE sans abatteur » pour illustrer la difficulté, la souffrance, l’impasse. Ainsi la danse ELONE prend tout son sens comme une école pour trouver les solutions de nos problèmes, et un cadre d’apprentissage de la vie.
Dans des temps anciens, la danse ELONE mimait ce geste d’un homme qui tient cette hache des deux mains, qui au son du rythme affronte l’arbre de gauche à droite au pas cadencé.
La danse « ELONE » vient des contacts avec d’autres peuples, très particulièrement dans les plantations cacaoyeres et de café de RIO MUNI avec le contact des Ibo. Cette danse a aussi un lien avec nos récits migratoires où le fang est dans l’impasse, avec une difficulté majeure à surmonter, une quête d’inspiration et d’élévation. Le lieu d’établissement est le « MVOG », c’est là où les « MEBOCK » s’exécutent comme détente, loisir, apprentissage, activité physique mais aussi, un cadre d’élévation « MEBET » qui se transformera en « MVETT ».
Aujourd’hui, l’ELONE est une danse que l’on retrouve au Nord Gabon, en Guinée Équatoriale, au Sud Cameroun, à Zouanke dans le Nord Ouest du Congo.
Il y a autant de styles que de chorégraphies. On cite ELONE Kongo venu des Fang du Nord Ouest du Congo avec le « Nkonzi ». Il y a l’ELONE Mboula développé par Sima MBOULA et NDONG MBOULA dans ses débuts. Il y a l’ELONE Matsakando qui est une variante de l’Elone Kongo développé par le Groupe Matsakar. Il y a l’Ebolaza de Sakoul, Nguema Obame Ondo Calvin mon défunt oncle avec son « Azagneng » et Africa Dance d’Awoua. Le Groupe Dzebol de Bata. Le Dr Elouma de Guinée Équatoriale a aussi son style tout particulier.
Le contenu des chants reste souvent la relation amoureuse, l’éducation pour un mari ou une femme exemplaire. Mais aussi l’éducation pour la jeunesse pour plus de sagesse dans le comportement envers soi même et envers les autres. Mais l’Ebolaza est très virulent dans l’érotisme, le sexe et la sexualité.
La danse de l’ELONE, au départ, c’était la culture de l’élégance, le charme et le respect. Le chanteur fait appel aux hommes, puis les femmes font un choix sur le partenaire de compagnie, et vis versa si ce sont les femmes. Mais la femme est devant, l’homme derrière pour assurer la protection. Un temps de cheminement sans se toucher tout en marchant, jusqu’au moment où le chanteur exige le mariage (on s’attrape) pour conforter la relation. Aujourd’hui, la danse consiste à l’activité, chacun danse à son rythme, à son pas. Suivant le son, le rythme, la cadence, surtout le chant et les vibrations du corps.
Pour terminer, l’ELONE est l’un des cadres paidologiques pour la connaissance (le savoir et le savoir faire). L’ELONE est aussi un cadre de mutualisation des expériences et d’apprentissage ( Knowlege sharing).
En matière de santé, l’ELONE intègre aussi bien la santé environnementale que la santé humaine ( One Health). Dans le cadre de la lutte contre les Maladies non transmissibles, l’ELONE permet d’évacuer le stress facteur des maladies cardio vasculaires et l’hypertension artérielle. Comme l’un des éléments de santé, la danse ELONE figure parmi les loisirs bénéfiques pour la santé mentale et physique du Programme ACTIV de l’OMS.
Nous sommes en vacances, chacun et chacune de nous peut expérimenter…on découvrira que la danse culturelle ELONE est bénéfique pour notre bien-être.
Rev. Rostand ESSONO ELLA, Diplôme SIL Afrique pour la Promotion des Langues et des cultures locales.
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