L’islam contre la corruption : Un devoir de foi, pas une option

La corruption est devenue un poison. Elle tue la confiance, elle tue la justice, elle tue l’avenir de nos enfants.
Face à ce fléau, le musulman a-t-il le droit de baisser la tête et de dire « ce n’est pas mon problème » ? La réponse du Coran et de la Sunna est non. Catégorique.

Dieu l’a interdit. Le Prophète l’a maudit.

Notre religion ne laisse aucune zone grise.
Allah dit dans le Coran: « Et, ne dévorez pas les uns les richesses des autres par l’usage du faux, et en corrompant les juges afin de pouvoir dévorer une partie des richesses de gens par le mal alors que vous le savez » (Coran 2 / 188).

Le Prophète Mohammed (PSL) a été encore plus direct avec ceux qui gèrent le bien public:
«Quiconque exerce une fonction que nous lui conférons moyennant une rétribution, tout ce qu’il touche en dehors d’elle est un vol »_ (Abou Daoud, Hakim).

Et sur le pot-de-vin, surtout en justice, la sentence tombe:
« Maudits soient celui qui donne un présent et celui qui le reçoit en justice » (Ahmed, Abou Daoud, Tirmidy).

Corrompre, c’est voler. Se laisser corrompre, c’est trahir. Dans les deux cas, c’est désobéir à Dieu.

La foi, c’est aussi l’action

L’islam n’est pas une religion de résignation. C’est une religion d’engagement.

Le Coran nous rappelle: «Dieu ne change pas la situation d’un peuple jusqu’à ce que ses gens en prennent conscience »_ (Coran 13 / 11).
La première lutte est donc celle des consciences. Parler à la maison, à la mosquée, à l’école, au travail. Expliquer que la corruption n’est pas « une astuce », c’est un péché.

Ensuite vient l’action. Le Prophète (PSL) nous a prévenus: «Il n’y a point de société où l’on commet des péchés et où des gens capables de les réprimer se taisent qui ne risquent de subir un châtiment général qui n’épargne personne »_ (Tirmidy).

Et il nous a donné la méthode:
«Quiconque constate un fait abominable doit intervenir pour le corriger, soit par la force s’il en est capable, soit par la parole ou à défaut qu’il le désapprouve en son for intérieur. C’est là le plus faible stade de la foi »_ (Muslim).

Agir. Parler. Ou au moins refuser dans son cœur. Il n’y a pas de 4ème option.

La justice n’a pas de prix

L’islam nous demande une justice totale, même contre nous-mêmes:
« Vous qui avez la foi, soyez justes en témoignage de votre fidélité à Dieu, même si c’est contre vous-même ou vos deux parents… Ne suivez pas la passion jusqu’à transgresser la justice » (Coran 4/135).

Et il nous confie une mission collective:
«Qu’il y ait parmi vous une communauté qui prêche le bien, et ordonne ce qui est décent et proscrit ce qui est blâmable. Ce sont eux les bienheureux »_ (Coran 3/ 104).

Soyons cette communauté

Frères et sœurs, la lutte contre la corruption commence dans notre portefeuille, dans notre bureau, dans notre vote, dans notre silence ou notre parole.

Être musulman, c’est refuser le faux. C’est défendre le faible. C’est soutenir le juste.

Si nous voulons que Dieu change notre situation, commençons par changer la nôtre.
Ne nous taisons pas. Car le silence, devant l’injustice, est aussi une forme de complicité.

Qu’Allah nous donne la force d’être des témoins de la vérité.

Dimitri AGBOZOH-GUIDIH

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