Football/Mondial 2026 : L’Afrique en force avec un record historique de dix nations qualifiées

Lorsque le Mexique et l’Afrique du Sud donneront le coup d’envoi de la Coupe du Monde 2026 ce jeudi 11 juin 2026 en Amérique du Nord, c’est aussi une nouvelle page de l’histoire du football africain qui s’ouvrira. Pour la première fois depuis la création du tournoi, le continent sera représenté par dix sélections nationales, un record rendu possible par l’élargissement de la compétition à 48 équipes.

L’Algérie, le Cap-Vert, la Côte d’Ivoire, l’Égypte, le Ghana, le Maroc, la République démocratique du Congo, le Sénégal, l’Afrique du Sud et la Tunisie porteront ainsi les ambitions d’un continent qui n’a jamais semblé aussi proche de s’imposer durablement parmi les grandes puissances du football mondial.

Quatre ans après l’épopée du Maroc au Qatar, premier pays africain à atteindre les demi-finales d’une Coupe du Monde, l’Afrique aborde cette édition avec des attentes considérables et l’espoir de franchir un nouveau palier.

Une progression construite sur près d’un siècle

L’histoire du continent dans la plus prestigieuse des compétitions internationales remonte à 1934, lorsque l’Égypte devient la première nation africaine à participer à une phase finale de Coupe du Monde.

Durant plusieurs décennies, la représentation africaine reste limitée. Il faut attendre le Maroc en 1970 puis le Zaïre, aujourd’hui République démocratique du Congo, en 1974 pour voir d’autres nations africaines rejoindre la compétition.

En 1978, la Tunisie marque un tournant en devenant la première sélection africaine à remporter un match de Coupe du Monde grâce à sa victoire historique contre le Mexique (3-1).

Les années suivantes voient progressivement le football africain gagner en crédibilité sur la scène internationale. Le Cameroun atteint les quarts de finale en 1990, suivi du Sénégal en 2002 puis du Ghana en 2010. Des performances qui contribuent à renforcer le poids du continent dans les instances du football mondial.

Le précédent record de 2010 dépassé

Avant cette édition 2026, le record de participation africaine remontait à la Coupe du Monde 2010 organisée en Afrique du Sud. Six sélections avaient alors représenté le continent : l’Algérie, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Nigeria et l’Afrique du Sud.

Seize ans plus tard, ce chiffre est largement dépassé avec dix représentants, soit près du double de la présence observée lors des éditions 2014, 2018 et 2022.

Cette progression témoigne de l’évolution du football africain, dont plusieurs sélections figurent désormais régulièrement parmi les meilleures nations du classement mondial de la FIFA.

Le Maroc a ouvert la voie

L’un des principaux facteurs de cette nouvelle ambition africaine reste le parcours exceptionnel du Maroc lors du Mondial 2022.

Sous la conduite de Walid Regragui, les Lions de l’Atlas avaient successivement éliminé la Belgique, l’Espagne et le Portugal avant d’atteindre les demi-finales, une première pour une nation africaine et arabe.

Cette performance a profondément modifié les perceptions sur la capacité des sélections africaines à rivaliser avec les meilleures équipes européennes et sud-américaines.

Pour de nombreux observateurs, le parcours marocain a démontré que le plafond de verre qui limitait traditionnellement les ambitions africaines pouvait être brisé.

Le Cap-Vert et la RDC, symboles du renouveau

Parmi les dix représentants africains, deux histoires retiennent particulièrement l’attention.

La première est celle du Cap-Vert, qui disputera la première Coupe du Monde de son histoire. Cette qualification récompense plusieurs années de progression continue pour les Requins Bleus, devenus une nation respectée sur la scène africaine.

La seconde concerne la République démocratique du Congo, de retour au Mondial pour la première fois depuis 1974. Cinquante-deux ans après la participation du Zaïre en Allemagne de l’Ouest, les Léopards retrouvent enfin la scène mondiale avec l’ambition d’écrire une nouvelle page de leur histoire.

L’Afrique du Sud sous les projecteurs

L’autre symbole fort de cette édition est le retour de l’Afrique du Sud, absente du tournoi depuis 2010.

Les Bafana Bafana auront l’honneur de disputer le match d’ouverture face au Mexique, dans une affiche qui rappelle le célèbre match inaugural du Mondial sud-africain remporté émotionnellement par le souvenir du but légendaire de Siphiwe Tshabalala.

Pour la sélection de Hugo Broos, ce retour constitue l’occasion de confirmer les progrès observés ces dernières années sur la scène continentale.

Des ambitions assumées

Avec des nations expérimentées comme le Maroc, le Sénégal, l’Algérie, la Côte d’Ivoire, le Ghana, la Tunisie ou l’Égypte, l’Afrique dispose d’arguments solides pour espérer plusieurs qualifications en phase à élimination directe.

Le nouveau format à 48 équipes, qui permet à davantage de sélections de poursuivre leur parcours après la phase de groupes, pourrait également favoriser les ambitions africaines.

L’objectif n’est plus seulement de participer, mais bien de rivaliser avec les meilleures nations du monde.

Une édition charnière

Au-delà des chiffres, cette Coupe du Monde 2026 apparaît comme un test grandeur nature pour le football africain. Jamais le continent n’a bénéficié d’une représentation aussi importante, jamais les attentes n’ont été aussi élevées.

Si le Maroc a montré en 2022 que l’Afrique pouvait atteindre les sommets, les dix nations engagées cette année auront désormais la responsabilité de confirmer que cet exploit n’était pas une exception, mais le signe d’une montée en puissance durable du football africain sur la scène mondiale.

Du Cap-Vert à l’Égypte, du Sénégal à la RDC, du Maroc à l’Afrique du Sud, l’Afrique aborde ce Mondial avec une ambition nouvelle : transformer sa présence record en résultats historiques et écrire l’un des chapitres les plus marquants de son histoire footballistique.

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