Economic symbols of Cameroon including cocoa, coffee, tropical fruits, oil extraction, manufacturing, timber, currency, and shipping port.

L’analyse économique de l’absence d’un nouveau gouvernement et d’un Vice-Président au Cameroun

1- Le problème socio-économique que ça pose est-il réel ?

Oui, les préoccupations exprimées par la société correspondent à des enjeux économiques réels, même si leur interprétation peut varier. Dans de nombreux pays, les entreprises sont sensibles à plusieurs facteurs: la rapidité des décisions publiques, la stabilité des politiques économiques, l’exécution des projets d’infrastructures, la sécurité juridique et la visibilité sur les réformes. Lorsque les décisions tardent ou que les projets publics sont ralentis, cela peut conduire à: un report des investissements privés ; une baisse de la confiance des investisseurs ;

un ralentissement de la création d’emplois ;

une croissance économique moins dynamique. Cela étant, il est difficile d’attribuer l’ensemble des difficultés économiques à un seul facteur.

 2-L’ autre regard macro-économique

 L’économie camerounaise est également influencée par la volatilité des cours des matières premières, le contexte économique mondial avec la fracture des lignes maritimes du détroit d’Ormuz et autres, les contraintes budgétaires récurrentes, les défis sécuritaires dans certaines régions en crise et les conditions de financement. Le constat par exemple du GECAM reflète des préoccupations réelles du secteur privé, une analyse parmi d’autres mais ne suffit pas pour expliquer toute la situation économique actuelle. Le modèle économique engagé depuis le DSCE et la SND30 étouffe aujourd’hui, il est bloqué parce que nous avons beaucoup investi au lieu de mieux investir, nous nous sommes beaucoup endettés( augmentation de 400% de la dette de 2006 à 2026) au lieu de mieux s’endetter, nous avons beaucoup dépensé au lieu de mieux dépenser. C’est ce j’appelle le modèle 3Q ou QQQ en économie camerounaise: qualité d’investissement, qualité de la dette, qualité des dépenses…les 3Q ayant entraîné un coût de la qualité, on est tristement dans ce que j’ai appelé dans mon dernier ouvrage « La Théorie des Rhinocéros blancs ».

 3-La lenteur dans les décisions politiques renvoie économiquement à quoi ?

L’absence d’un Vice-Président et d’un nouveau gouvernement impacte-t-elle la croissance ?

L’expression « lenteur des décisions publiques » peut renvoyer à plusieurs aspects :

-les retards dans la mise en œuvre des réformes économiques ;

-la lenteur dans l’exécution des grands projets publics ;

-les délais administratifs pour les investissements ;

-les retards dans certaines nominations ou arbitrages institutionnels ;

-l’adoption tardive de mesures attendues par les entreprises.

L’absence d’un vice-président et d’un nouveau gouvernement devient un sujet de débat politique. Sur le plan économique, ce n’est pas l’existence ou non d’un vice-président qui détermine directement la croissance économique. En revanche, une période prolongée d’incertitude institutionnelle ou un ralentissement de la prise de décision peut influencer le climat des affaires si les acteurs économiques estiment que certaines réformes ou décisions sont différées.

L’effet dépend surtout de la capacité des institutions à continuer de fonctionner efficacement. Si les administrations prennent leurs décisions normalement, l’impact peut être limité. En revanche, si des investissements, des réformes ou des arbitrages importants sont retardés, cela peut effectivement peser sur la confiance des investisseurs, l’attractivité et sur l’activité économique.

Ainsi, le lien entre ces éléments institutionnels et la croissance économique est indirect. Ce sont surtout la qualité de la gouvernance, la rapidité des décisions publiques, la stabilité des institutions et la prévisibilité des politiques économiques qui influencent durablement le développement d’un pays.

 ONGUENE ATEBA, PDG du Think Tank FOA, Economiste et Logisticien des transports

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