FICSAAT : Le Togo réconcilie sa jeunesse avec ses origines

Le Festival International des Cultures et Spiritualités Ancestrales Afro-Togolaises lancé ce samedi 25 juillet à Lomé

Tam-tams, danses sacrées, blanc immaculé et prières aux Ancêtres. Le Togo a vibré ce samedi 25 juillet 2025* au rythme de ses racines. Sous le thème « Pour la Paix, Allons à nos Origines », le *FICSAAT – Festival International des Cultures et Spiritualités Ancestrales Afro-Togolaises* a été officiellement lancé par l’ONG *Mouvement des Jeunes pour la Promotion de la Paix – MJPP*.Un pari audacieux: faire de la spiritualité et de la culture ancestrales un levier de paix, de tourisme et de fierté nationale.

UN LANCEMENT HAUT EN COULEURS ET EN SYMBOLES

C’est dans une ferveur populaire que les rideaux du FICSAAT se sont ouverts. Autorités traditionnelles, représentants de cultes ancestraux, diplomates, artistes et surtout des centaines de jeunes en tenue traditionnelle ont pris part à la cérémonie.

Au programme du lancement: intronisation symbolique, libations, chants Vodun, Ekpe, Yoruba et danses traditionnelles. Objectif affiché: montrer que nos spiritualités ne sont ni du folklore ni du diable, mais « une science, une éthique et une médecine sociale ».

« Aujourd’hui nous sortons de la cachette. Nous disons à la jeunesse: tes origines ne sont pas une honte. Elles sont ta force », a déclaré le Directeur de Cabinet, Monsieur dodzi AGBOZOH-GUIDIH, du MJPP lors de son allocution.

POUR LA PAIX, ALLONS À NOS ORIGINES »: LE SENS POLITIQUE DU FESTIVAL

Au-delà du folklore, le FICSAAT est un acte politique. Organisé par le MJPP, mouvement des jeunes pour la Promotion de la Paix , le festival veut répondre à 3 urgences togolaises:

1. La crise d’identité*: Déconnectée de ses valeurs, une partie de la jeunesse togolaise cherche des repères à l’extérieur. Le FICSAAT propose de regarder d’abord chez soi.

2. La stigmatisation des cultes*: Pendant des décennies, les spiritualités ancestrales ont été diabolisées. Le festival les remet au centre du débat public avec dignité.

3. La paix sociale : En réunissant les différentes communautés et leurs pratiques sur une même scène, le MJPP mise sur le « vivre-ensemble par les racines ».

« La paix ne se décrète pas. Elle se vit. Et elle commence par la connaissance et le respect de l’autre dans sa différence spirituelle », a martelé la Direction de Cabinet du MJPP.

UN ENJEU ÉCONOMIQUE ET DIPLOMATIQUE

Le FICSAAT ne se veut pas qu’un festival culturel. Il se positionne comme un produit touristique international.

Avec l’invitation de délégations venues du Bénin, du Ghana, du Nigeria et de la diaspora afro-descendante, Lomé veut devenir la capitale du tourisme spirituel en Afrique de l’Ouest.

Artisanat, médecine traditionnelle, gastronomie ancestrale, conférences: l’ambition est de créer une économie autour de notre patrimoine immatériel.

Pour Dr. Komi, anthropologue: « Les pays comme le Bénin avec le Vodun Days l’ont compris. Le Togo a un trésor. S’il le valorise bien, il peut attirer des milliers de visiteurs en quête de sens et d’authenticité. »

LE DÉFI: ENTRE AUTHENTICITÉ ET RÉCUPÉRATION

Le succès du FICSAAT dépendra de sa capacité à rester authentique.Deux défis majeurs attendent les organisateurs du MJPP:

1. Éviter le « folklorisme »: Ne pas transformer les rites sacrés en simple spectacle pour touristes.

2. Lutter contre les amalgames : Expliquer, éduquer, pour que spiritualité ancestrale ne rime pas avec charlatanisme dans l’opinion publique.

La Direction de Cabinet du MJPP a promis « un comité scientifique et un collège de dignitaires » pour garantir la sacralité des cérémonies.

UN ACTE DE SOUVERAINETÉ CULTURELLE

Avec ce lancement du 25 juillet 2025, le Togo signe un acte fort de souveraineté culturelle. Le FICSAAT dit à l’Afrique et au monde: « Nous n’avons pas attendu l’Occident pour avoir une spiritualité, une morale et une civilisation. »

Pour les vaillants membres du MJPP qui ont porté ce projet, le message est passé. La balle est maintenant dans le camp des institutions, du secteur privé et de la jeunesse. Car comme l’a rappelé un dignitaire en pleine libation : « Un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir. Le FICSAAT vient nous rendre notre mémoire. »

Le festival se poursuivra pendant du 11 au 22 janvier 2027 au Togo avec conférences, concerts, marché des terroirs et grandes cérémonies.

Dimitri AGBOZOH-GUIDIH

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