La République du Congo (RDC) franchit une nouvelle étape dans le développement de son secteur énergétique. Le groupe TotalEnergies a annoncé une découverte majeure d’hydrocarbures sur la licence offshore de Moho, confirmant le potentiel encore largement exploitable du pays et confortant ses ambitions de porter sa production à 500 000 barils par jour.
Réalisée sur la structure Moho G, au sein du vaste complexe de Moho, cette découverte s’inscrit dans une dynamique d’exploration optimisée. Le site, déjà stratégique, représente à lui seul plus de la moitié de la production pétrolière nationale. Selon les premières données, une colonne d’hydrocarbures d’environ 160 mètres a été identifiée dans des réservoirs albiens de bonne qualité, laissant entrevoir des perspectives prometteuses.
Une dynamique d’exploration soutenue
Cette nouvelle avancée intervient après la découverte de Moho F. Ensemble, les deux gisements pourraient totaliser des ressources récupérables estimées à près de 100 milliards de barils, consolidant la position du Congo parmi les producteurs africains majeurs.
Le projet est mené en partenariat avec la Société nationale des pétroles du Congo et la société Trident Energy, dans un modèle de coopération salué par les observateurs. La Chambre africaine de l’énergie (AEC) a d’ailleurs félicité les parties prenantes pour cette avancée, mettant en avant la stabilité du climat d’investissement congolais.
Le rôle du directeur général de la SNPC, Raoul Ominga, ainsi que celui du ministre des Hydrocarbures Bruno Richard Itoua, est régulièrement souligné pour leur contribution à l’attractivité du secteur.
Des infrastructures déjà opérationnelles
L’un des principaux atouts de cette découverte réside dans sa proximité avec les infrastructures existantes. Les unités flottantes de production (FPSO) d’Alima et de Likouf, qui totalisent une capacité de 90 000 barils par jour, permettront une mise en production rapide et à moindre coût.
Cette stratégie dite « d’exploration de proximité » vise à maximiser les ressources en s’appuyant sur les installations déjà opérationnelles, réduisant ainsi les délais et les investissements nécessaires.
Des investissements massifs pour soutenir la croissance
Dans cette dynamique, TotalEnergies prévoit d’investir plus de 500 millions de dollars dans le développement du complexe Moho Nord. L’objectif est clair : accroître durablement la production tout en améliorant la rentabilité des opérations.
D’autres acteurs suivent cette tendance. La société Perenco a récemment lancé la plateforme Kombi 2, un projet de 200 millions de dollars (111.232.218.705 milliards de franc CFA) destiné à exploiter environ 10 millions de barils supplémentaires.
Le gaz naturel, nouvel axe stratégique
Parallèlement au pétrole, le Congo accélère son positionnement sur le marché du gaz naturel liquéfié. Le projet Congo LNG, piloté par Eni, a connu une avancée majeure avec la mise en service de l’unité FLNG Nguya fin 2025. Avec une capacité totale portée à 3 millions de tonnes par an, le pays s’impose désormais comme un acteur incontournable du GNL en Afrique.
Une stratégie énergétique en pleine mutation
À travers cette nouvelle découverte, le Congo confirme sa capacité à conjuguer infrastructures existantes, attractivité des investissements et vision stratégique. Dans un contexte mondial marqué par la transition énergétique et la volatilité des marchés, le pays semble avoir trouvé un modèle fondé sur l’optimisation de ses ressources et la valorisation de ses atouts.
Pour les observateurs du secteur, cette dynamique pourrait bien ouvrir une nouvelle ère pour l’industrie pétrolière congolaise, à la fois plus efficace, plus compétitive et résolument tournée vers l’avenir.

