C’est pourtant l’un des derniers nés des partis politiques, mais c’est déjà le premier parti politique du pays qui préside aux destinées du parlement et de l’essentiel des collectivités locales du pays.
En matière de gestion des collectivités locales, les contradictions qui se révèlent au grand jour au niveau du conseil municipal de Libreville, suscite commentaires et interprétations aussi bien des militants du parti majoritaire au conseil, que des observateurs indépendants que nous sommes.
Nombreux sont curieux de voir comment l’UDB qui préside le conseil et qui dispose de la majorité absolue, doit pouvoir gérer cette fronde qui semble se dresser contre l’édile de la mairie centrale.En effet, la gestion d’un conseil municipal est avant tout, l’affaire des partis ou sensibilités politiques présents au conseil. Le bureau du conseil est l’émanation des partis politiques dont ils portent le projet.
Ainsi, le bureau du conseil municipal de Libreville essentiellement composé des membres de l’UDB, qui vient de rejeter le projet de budget présenté par le Maire, ouvre à l’occasion, une version trouble sous fond d’intrigues, de la gestion des conseillers municipaux par les partis politiques, loin de l’esprit d’unité qui a prévalu lors de la mise en place de ce bureau du conseil, sauf s’il ne s’agissait que de la face cachée de l’iceberg, et que le feu couvait déjà sous la cendre.
Le désaveu du Maire par ses collègues conseillers de l’UDB ouvre deux hypothèses que chacun pourra potasser à souhait,
-Soit le Maire est désavoué par son propre parti,
-Soit le parti n’a pas joué son rôle d’encadrement des élus.
Désavœu de son parti*Il est impensable que l’UDB qui est la principale force politique au sein du conseil municipal de Libreville, puisse laisser ses conseillers, se déchirer au cours d’un conseil municipal alors qu’ils sont censés porter et appliquer le projet politique qui a permis élu lors de la dernière présidentielle.
Le Maire aurait-il préparé ce projet de budget, dans l’opacité, sans que la direction du parti n’ait été associée du moins pour rappeler les exigences et donner des directives claires ?
Le Maire se serait-il simplement entêté, ou a-t-il fait fi des directives de son parti qui l’a plutôt laissé aller au casse pipe ?
Ou bien encore, les conseillers municipaux ont fait preuve d’indiscipline en se désolidarisant de leur collègue, au mépris des consignes du parti ?
Défaillance du parti dans l’encadrement de ses conseillers, élus locaux
Le parti qui gère un conseil local a le devoir de veiller à l’application du programme du parti, du moins c’est la vision par l’UPG qui a toujours estimé que le président d’un conseil est avant tout un militant du parti dont il demeure le fidèle représentant.
Au sein du conseil, il défend la vision soit d’une coalition, dans le cas d’une gestion partagée, soit de son parti, s’il a la majorité absolue, le tout bien compris, dans le sens de la satisfaction des besoins des populations et de la ville concernée.
A cet effet, la gestion d’un conseil local ne peut être laissée à la seule discrétion des conseillers ou du seul président du conseil, c’est avant tout une affaire du parti, car son échec serait imputable au parti et non au seul bureau.
Ou bien l’UDB vient de dévoiler un autre pan de sa gestion des militants qui laisse libre cours aux élus d’exprimer librement leurs positions, en assumant leurs choix et positions. C’est peut-être une autre forme de démocratie qui est expérimentée dans les conseils locaux, à l’opposé de ce qui s’applique au parlement où les élus jugés liberticides, sont purement et simplement sanctionnés.
La suite des évènements nous donnera plus d’indications quant à la stratégie politique de l’UDB dans la gestion de ses élus.
Hermann Ditsoga, libre observateur*

