C’est le thermomètre d’une démocratie qui respire mal. Dans un Etat de droit, la critique est un droit, parfois un devoir. Elle alimente le débat, corrige la trajectoire, oxygène le pouvoir. Quand elle devient un risque pénal, administratif ou social, alors la parole publique se rétracte.
Ça produit concrètement, l’autocensure, la langue de bois, le monologue du pouvoir.
En effet on parle de pluie de foot, mais plus des lois qui divisent, ni des démissions impossibles.
Les mots se vident, on parle de dysfonctionnement au lieu de fraude, de malentendu au lieu d’abus.
Alors, faute de contradicteurs, l’erreur devient doctrine et arbitraire, jurisprudence.
Ainsi, le piège se dresse, moins on critique, plus l’impunité s’installe, plus la critique devient dangereuse. Le cercle devient vicieux.
Là où on parle du pouvoir qu’on quitte pas, la victoire devient une obsession. Tout ça tient parce que la parole libre devient chère.
Le jour où critiquer redevient normal, beaucoup de ces tabous sautent.
Hermann Ditsoga, observateur libre

