La démission n’est pas un outil démocratique, c’est un bannissement volontaire.
Tant que la nomination à un poste politique, vous confère la protection, les ressources, le statut, démissionner c’est sauter dans le vide sans parachute. On ne quitte pas le pouvoir, on attend que l’on vous l’arrache, ou qu’il vous quitte. D’où ce réflexe, s’accrocher, contourner, frauder etc, tout sauf partir la tête haute.
Alors, qu’est ce qui peut faire bouger les lignes ?
Changement de génération ? Une classe politique qui n’a pas connu le parti unique aura peut-être moins peur du désert, après le pouvoir. Si l’alternance devient normale, la démission devient pensable.
Choc institutionnel ? Des règles claires sur fonds d’intérêts, un statut de l’ancien ministre/élu, une justice perçue comme impartiale. Il faut créer un après qui ne ressemble pas à la punition.
Exemple d’en haut : Il suffit d’une ou deux démissions assumées, expliquées, et sans représailles derrière, pour fissurer le tabou. Le courage est aussi contagion aussi.
En attendant, la démission restera vue comme une insubordination….. et la légitimité continuera de s’éroder. Car une démocratie où personne ne part jamais, c’est une démocratie où personne ne rend vraiment compte.

