Une requête urgente a été déposée lundi 20 avril 2026 par les artistes membres de droit du BUGADA (Bureau Gabonais du Droit d’Auteur) auprès du Directeur Général de l’organisme Gildas Borrys Ndong Nang. À l’ordre du jour : des demandes essentielles pour la gestion des droits d’auteur, mettant en lumière des préoccupations sur la transparence, le paiement des droits et les pratiques internes de régulation.
Un Appel Pressant pour le Paiement des Droits d’Auteur
Les créateurs gabonais, regroupés au sein de cet organisme de gestion collective, se battent depuis plusieurs mois pour le respect des décisions prises par le Conseil d’Administration du BUGADA lors de sa session de décembre 2025. Celui-ci avait en effet validé le paiement des droits d’auteur aux artistes membres de droit, une mesure qu’ils attendent toujours. Les artistes insistent sur le caractère urgent de cette démarche, précisant que ces paiements sont essentiels à leur survie professionnelle, notamment pour la réalisation de nouveaux projets artistiques.
Ce retard dans les paiements soulève de sérieuses inquiétudes parmi les créateurs, qui jugent que cette situation pourrait nuire à la crédibilité du système de gestion des droits d’auteur au Gabon. À travers leur demande d’audience, les artistes espèrent que des mesures concrètes et rapides seront prises pour honorer cet engagement pris par l’organisme.
Transparence et Communication : Le Procès-Verbal en Attente
Autre demande soulevée par les artistes : la transmission du procès-verbal des travaux du Conseil d’Administration du BUGADA. Après la dernière session de cet organe d’orientation, les représentants des corporations d’artistes réclament un accès rapide à ce document afin d’assurer la transparence et de mieux comprendre les décisions prises. Cette demande témoigne d’une volonté d’inclure les artistes dans les processus décisionnels, tout en renforçant la confiance entre les différents acteurs de la gestion des droits d’auteur au Gabon.
En parallèle, les artistes soulignent que la communication interne, notamment la transmission des documents officiels, est essentielle pour garantir une bonne gouvernance et un environnement de travail respectueux de leurs droits.
L’ARCEP au Centre des Interrogations
La question la plus controversée concerne l’ARCEP (Autorité de régulation des Communications Électroniques et Postales). Selon les informations qui circulent, des individus non-identifiés auraient été impliqués dans la collecte des droits d’auteur au niveau de cet organisme, ce qui suscite de vives préoccupations parmi les artistes. Ces derniers exigent des explications et une clarification sur les modalités de perception des droits d’auteur par l’ARCEP, notamment sur l’identité des personnes impliquées et la transparence des processus en place.
Cette situation alimente un véritable climat de suspicion, les artistes demandant à ce que le voile soit levé sur ce « mystère » afin de garantir que les droits collectés sont répartis de manière équitable et dans le respect des principes de la gestion collective.
Des Enjeux Décisifs pour la Gouvernance des Droits d’Auteur
La gestion des droits d’auteur est un enjeu stratégique pour la création artistique au Gabon. Elle est au cœur du modèle économique des artistes, qui dépendent de ces droits pour financer leur travail et leurs projets. Les préoccupations actuelles sur le paiement des droits et la gestion des perceptions par l’ARCEP risquent de ternir la réputation du BUGADA et de remettre en question la confiance des créateurs dans le système de gestion collective.
Les demandes des artistes s’inscrivent dans une dynamique de réformes nécessaires, visant à renforcer la transparence et la légitimité de l’organisme. Pour les créateurs, il ne s’agit pas seulement de réclamer des paiements, mais aussi de s’assurer que les principes de justice et de transparence gouvernent la gestion de leurs droits.
Une Réponse Attendue : Quelle Suite pour le BUGADA ?
Alors que la demande d’audience auprès du Directeur Général du BUGADA est en attente, les artistes restent fermes dans leurs exigences. Ils espèrent que cette requête sera prise au sérieux et que des actions concrètes seront mises en œuvre pour résoudre les problèmes soulevés.
Le secteur de la gestion des droits d’auteur au Gabon se trouve donc à un tournant décisif. Les artistes attendent des réponses rapides et efficaces, non seulement pour régler la question du paiement des droits, mais aussi pour garantir la transparence dans la gestion des fonds perçus et redistribués. Il en va de la soutenabilité du système et de la reconnaissance des créateurs dans le paysage culturel gabonais.

