Le Festival de Cannes a dévoilé la sélection officielle de la Compétition Immersive de sa 79e édition. Neuf œuvres inédites, issues de huit pays, concourront pour le prix de la Meilleure Œuvre Immersive. La sélection sera présentée du 12 au 22 mai 2026 à l’hôtel Carlton.
Cette troisième édition confirme l’ancrage progressif des formes immersives dans le paysage du cinéma contemporain, à la croisée de la création artistique, des technologies interactives et des industries culturelles numériques.
Une sélection internationale représentative d’un secteur en structuration
Les œuvres retenues proviennent du Royaume-Uni, de la France, du Portugal, de l’Italie, de la Corée du Sud, des Philippines, de Taïwan et d’Espagne. Elles illustrent la diversité des approches artistiques et technologiques qui caractérisent ce champ en expansion.
Parmi les projets en compétition figurent notamment THE BLACK MIRROR EXPERIENCE, production franco-espagnole inspirée de l’univers de la série éponyme, ou encore THE PIRATE QUEEN: NO SAFE WATERS, portée par Singer Studios avec la participation de l’actrice Lucy Liu.
D’autres œuvres comme PLAYING WITH FIRE, coproduite entre le Royaume-Uni, la France et Taïwan avec la pianiste Yuja Wang, ou RED PLANET 3009, illustrent la porosité croissante entre création artistique, performance et technologies immersives.
L’émergence d’un nouvel espace narratif
La Compétition Immersive met en lumière un changement structurel dans la manière de raconter des histoires. Les œuvres sélectionnées ne se limitent plus à une projection passive, mais proposent des expériences interactives où le spectateur devient acteur du récit.
Réalité virtuelle, environnements interactifs et dispositifs sensoriels redéfinissent ainsi les codes traditionnels du cinéma. Ce glissement vers des formats hybrides rapproche le secteur de la création numérique et du jeu vidéo, tout en conservant une dimension artistique et narrative.
Un dispositif technique élargi pour l’expérience collective
Pour cette édition 2026, le festival introduit un dispositif technique inédit permettant des projections immersives collectives pouvant accueillir jusqu’à 200 participants simultanément.
Cette évolution marque une étape importante dans la démocratisation des œuvres immersives, jusqu’ici souvent limitées à des expériences individuelles. Elle ouvre la voie à de nouveaux formats de diffusion, plus proches des expériences cinématographiques traditionnelles, tout en conservant l’interactivité propre à ces créations.
Un secteur en forte croissance mais encore en définition
Le développement des œuvres immersives s’inscrit dans une dynamique mondiale portée par les innovations technologiques et l’investissement croissant des industries culturelles. Toutefois, le secteur reste en phase de structuration, tant sur le plan économique qu’artistique.
La reconnaissance institutionnelle, à travers des événements comme le Festival de Cannes, joue un rôle clé dans la légitimation de ces nouvelles formes, encore en quête de modèles économiques stables et de circuits de diffusion pérennes.
Une redéfinition du rôle du spectateur
Au-delà des technologies, la Compétition Immersive interroge le statut même du spectateur. Celui-ci n’est plus uniquement récepteur, mais devient un élément actif de la narration, influençant parfois le déroulement de l’œuvre.
Cette transformation soulève des enjeux esthétiques majeurs, mais aussi industriels : production, distribution, droits d’auteur et standardisation des formats restent des questions ouvertes.
Cannes comme laboratoire des récits de demain
Avec cette sélection 2026, le Festival de Cannes confirme sa volonté d’accompagner l’évolution des écritures audiovisuelles. La Compétition Immersive s’impose progressivement comme un espace d’expérimentation où se dessinent les contours du cinéma et des récits numériques de demain.
Dans un contexte de mutation rapide des usages culturels, ces œuvres témoignent d’une transition plus large : celle d’un passage du cinéma de projection au cinéma d’expérience.

