Malgré l’adoption d’un cadre juridique censé encadrer leur usage, les réseaux sociaux restent suspendus au Gabon depuis le 17 février 2026. Une situation qui alimente l’incompréhension des usagers et des acteurs économiques, alors que les autorités avaient évoqué une levée progressive de la mesure.
Le 26 février 2026, une ordonnance a été adoptée afin de réglementer l’usage des plateformes numériques, notamment en matière de diffusion des contenus et de responsabilité des utilisateurs et des opérateurs. Ce texte, présenté comme une étape vers une meilleure gouvernance du numérique, devait en principe accompagner un retour progressif des réseaux sociaux.
Pourtant, plus de deux mois après, aucune mesure concrète de rétablissement n’a été mise en œuvre. Début avril, le ministre de la Communication et des Médias, Germain BIAHODJOW, avait pourtant annoncé une levée progressive de la suspension, sans toutefois préciser de calendrier.
Dans le même temps, les discussions annoncées avec une délégation de TikTok, attendue à Libreville dans le cadre des échanges sur la régulation des contenus, n’ont finalement pas eu lieu. Une absence qui renforce le flou autour du processus de normalisation.
Sur le plan économique, les conséquences commencent à être quantifiées. Le Directeur général de la SING, Yannick Ebibie, estime les pertes liées à cette suspension à environ 23 milliards de FCFA pour le secteur numérique. Un manque à gagner qui touche particulièrement les créateurs de contenu, les commerçants en ligne et les petites entreprises, fortement dépendants des réseaux sociaux pour leur activité.
Dans un contexte économique déjà marqué par le chômage et la fragilité de certaines activités, cette situation accentue les difficultés d’un écosystème numérique encore en structuration. Plusieurs acteurs du secteur évoquent un ralentissement des activités digitales, une baisse de visibilité des entreprises locales et une réduction des opportunités de revenus en ligne.
Au-delà de l’impact économique, la prolongation de la suspension pose également une question de cohérence réglementaire. Si un cadre légal encadrant l’usage des réseaux sociaux est désormais en vigueur, les raisons du maintien de la restriction ne sont pas clairement précisées, laissant place à de nombreuses interrogations.
Entre impératifs de régulation, enjeux de sécurité numérique et pression économique croissante, la situation reste en suspens. En attendant une décision officielle, usagers et acteurs du numérique continuent d’évoluer dans un environnement contraint, où l’accès aux plateformes sociales demeure limité sans échéance annoncée.

