« Féminicides au Gabon : jusqu’où irons-nous pour dire “ça suffit” ? » par Joachim Mbatchi Pambou

Combien de femmes devront encore mourir avant que la société gabonaise ne sorte définitivement de sa torpeur ?

Au Gabon, le féminicide n’est ni un slogan, ni une vue de l’esprit.

C’est une réalité crue, insoutenable.

Des femmes sont battues, traquées, terrorisées… puis tuées.

Et derrière chaque drame, il y a presque toujours les mêmes signes avant-coureurs : violences répétées, menaces ignorées, appels à l’aide restés sans réponse.

Ce silence n’est pas neutre. Il tue.

Car le féminicide n’est jamais un accident.

Il est l’aboutissement d’un processus connu, documenté, prévisible.

Et pourtant, combien de fois ces violences sont-elles minimisées ?

Combien de fois la victime est-elle renvoyée à sa prétendue “responsabilité” ?

Combien de fois l’agresseur bénéficie-t-il d’une indulgence implicite ?

Il faut cesser de se mentir : notre société tolère encore, trop souvent, l’inacceptable.

Les lois existent, dit-on.

Mais que valent-elles lorsqu’elles ne protègent pas ?

Que valent-elles lorsque des femmes, après avoir porté plainte, se retrouvent livrées à leur bourreau ?

Que valent-elles lorsque l’impunité devient la règle et la justice, l’exception ?

Une loi inefficace est pire que l’absence de loi : elle donne l’illusion d’agir.

Face à cette spirale de violence, une question s’impose désormais avec une force nouvelle, brutale, dérangeante : faut-il rétablir la peine de mort pour les auteurs de féminicides ?

La question choque. Elle divise.

Elle bouscule les consciences. Mais elle mérite d’être posée sans détour.

Car que dit aujourd’hui la réalité ?

Elle dit que des hommes tuent, en sachant qu’ils risquent au pire une peine qu’ils jugent lointaine, incertaine, parfois évitable.

Elle dit que des vies sont arrachées alors même que des signaux d’alerte existaient.

Elle dit que la peur a changé de camp et qu’elle n’est plus du côté des agresseurs.

Dans ce contexte, certains estiment que seule une sanction d’une gravité exceptionnelle pourrait rétablir un véritable effet dissuasif.

Non pas par goût de la vengeance, mais par exigence de protection.

Non pas pour satisfaire une colère, mais pour envoyer un message clair : ôter la vie à une femme parce qu’elle est une femme est un crime qui place son auteur hors du pacte social.

Il ne s’agit pas d’un débat abstrait.

Il s’agit de vies humaines, de mères, de sœurs, de filles, arrachées dans des conditions souvent atroces.

Joachim Mbatchi Pambou
Président du Forum Pour la Défense de la République (FDR)
Candidat à l’élection présidentielle d’août 2023

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