Il ne se passe plus un jour sans qu’on signale les produits alimentaires impropres à la consommation. Les enquêtes révèlent plusieurs causes à savoir l’immigration clandestine, l’ insalubrité alimentaire: l’État face à ses responsabilités.
Depuis plusieurs années, les populations dénoncent avec insistance la prolifération de commerces informels tenus par des étrangers en situation irrégulière, notamment aux abords des routes et dans certains quartiers populaires. Au-delà de la seule question migratoire, c’est désormais un véritable problème de santé publique et d’autorité de l’État qui se pose avec gravité.
Les récentes alertes autour de produits avariés, périmés ou impropres à la consommation, commercialisées dans des conditions parfois indignes des normes sanitaires les plus élémentaires, ont profondément choqué l’opinion. Dans ce contexte, l’action de l’AGASA apparaît non seulement légitime, mais aussi urgente face à une situation qui exaspère de plus en plus les Gabonais.
Il faut avoir le courage de dire les choses avec lucidité et responsabilité : le Gabon est un pays hospitalier, mais l’hospitalité ne peut signifier l’effacement des lois de la République. La tolérance ne doit jamais devenir synonyme de désordre. Aucun État sérieux ne peut accepter durablement que des individus vivent et exercent clandestinement sur son territoire tout en échappant aux règles administratives, fiscales et sanitaires.
Cependant, il serait tout aussi dangereux de transformer cette crise en rejet généralisé des étrangers. Certains immigrés (une minorité) vivant au Gabon travaillent honnêtement, respectent les lois et contribuent à l’activité économique du pays. Le véritable problème n’est donc pas l’origine des personnes, mais l’illégalité, l’insalubrité et l’absence de contrôle.
Car au fond, cette situation révèle surtout les limites du contrôle étatique. Comment des activités dénoncées depuis longtemps peuvent-elles prospérer sans complicités, sans négligences ou sans défaillances administratives ? Comment des produits impropres à la consommation continuent-ils de circuler malgré les signalements répétés des citoyens ? Voilà les vraies questions.
Aujourd’hui, l’État n’a plus droit à l’hésitation. Il doit agir avec fermeté, mais aussi avec intelligence et discernement.
La fermeté impose :
-des contrôles migratoires rigoureux ;
-l’identification des clandestins ;
-la fermeture des commerces insalubres ;
-la saisie et la destruction systématique des produits dangereux ;
-des sanctions exemplaires contre tous les contrevenants.
Mais l’intelligence commande également :
-d’éviter les amalgames ;
-de respecter la dignité humaine ;
-de combattre la corruption qui nourrit ces réseaux ;
-d’organiser le petit commerce informel au lieu de simplement le subir.
Le peuple gabonais attend des actes visibles, constants et crédibles. Car lorsque les lois semblent ne plus être appliquées, la frustration populaire grandit, les tensions communautaires s’installent et la confiance envers les institutions s’effrite dangereusement.
Le Gabon ne peut devenir ni une zone de non-droit, ni un terrain de stigmatisation. Entre faiblesse et excès, il existe une voie républicaine : celle d’un État juste, ferme et responsable.
C’est cette voie que les autorités doivent désormais emprunter, sans retard et sans ambiguïté.
Le bras du pouvoir ne doit pas trembler devant les clandestins.

