Une controverse émerge au sein du ministère gabonais de la Santé. Dans une correspondance officielle adressée à la tutelle, le Syndicat Urgences Santé pointe des dysfonctionnements dans la gestion des recrutements et appelle à une clarification du processus de représentativité syndicale, dans un contexte de tensions croissantes parmi les agents.
Selon le syndicat, les listes de recrutement dites « en cascade », élaborées par les services des ressources humaines, ne respecteraient pas le principe d’antériorité des dossiers. Des agents ayant introduit leurs candidatures entre 2019 et 2021 seraient écartés au profit de profils plus récents, notamment issus des promotions 2024 et 2025, malgré la détention d’accusés de réception attestant de la régularité de leurs démarches.
Cette situation concernerait plusieurs centaines d’agents à l’échelle nationale et alimente un sentiment d’injustice au sein du personnel de santé. Le syndicat évoque une rupture d’égalité de traitement susceptible d’entamer la confiance envers l’administration, dans un secteur déjà confronté à des défis structurels en matière de ressources humaines.
Urgences Santé estime que ces pratiques sont en décalage avec les orientations de justice sociale portées par les autorités de la transition, sous l’impulsion du président Brice Clotaire Oligui Nguema.
Par ailleurs, l’organisation syndicale s’inquiète de la tenue de réunions préparatoires à la commission tripartite, alors que les résultats définitifs des élections professionnelles ne sont pas encore publiés. D’après les tendances provisoires, seules certaines organisations disposeraient d’une représentativité suffisante, ce qui pourrait remettre en cause la légitimité de plusieurs syndicats à siéger.
Le syndicat appelle ainsi à la suspension des travaux en cours et à une recomposition des instances de dialogue social sur la base des résultats officiels à venir, afin de garantir une représentation conforme au choix des agents.
Sans remettre en cause l’autorité ministérielle, Urgences Santé indique se réserver la possibilité de saisir les plus hautes instances de l’État par les voies légales si aucune suite n’est donnée à ses préoccupations.
Cette affaire met en lumière des enjeux sensibles pour le ministère de la Santé, entre exigence de transparence administrative, maintien de la cohésion sociale et crédibilité du dialogue institutionnel, dans un contexte de réformes engagées au sein de l’appareil public gabonais.

