La scène culturelle gabonaise s’anime à nouveau. Du 19 mai au 6 juin 2026, la 2e édition de la Dizaine Gabonaise des Arts et de la Culture s’impose comme un rendez-vous majeur, articulé autour d’un objectif clair : faire de la culture un levier structurant de développement économique et social.
Portée par l’ONG Terre d’Espoir, avec le soutien du ministère en charge du Rayonnement culturel, la manifestation se déploie en trois temps : Libreville (dans la province de l’Estuaire), Lambaréné (dans la province du Moyen-Ogooué) et Port-Gentil (dans la province de l’Ogooué-Maritime), dans une logique d’ouverture territoriale et de démocratisation de l’accès à la culture.
Une programmation dense entre réflexion et création
À Libreville, qui accueille la phase principale du 19 au 30 mai, l’événement s’ouvre avec une cérémonie officielle suivie d’un vernissage d’exposition. Le point d’orgue est attendu le 20 mai, avec le Congrès des Arts et de la Culture, centré sur le thème : « Rayonnement culturel, créativité et croissance durable ».
Conférences, panels et masterclasses rythment ensuite la programmation, avec une forte implication du monde académique, notamment l’Université Omar Bongo et l’INPTIC. Les échanges portent sur des enjeux contemporains tels que l’entrepreneuriat culturel, la transformation numérique ou encore le journalisme spécialisé.
Le cinéma et les arts en vitrine
Autre temps fort, le festival de cinéma gabonais « Les Reflets de l’Ogooué » propose des projections en plein air à partir du 26 mai à Libreville, avant de s’étendre à Lambaréné et Port-Gentil.
En parallèle, la Dizaine donne à voir la richesse de la création locale à travers :
- des expositions d’arts plastiques et d’artisanat
- une Foire des Arts mêlant performances et exposition-vente
- des ateliers spécialisés en photographie, mode et numérique
Le 30 mai, la manifestation s’achève dans la capitale par une remise de prix et le spectacle « MONGO », point final d’une séquence artistique intense.
Une extension nationale assumée
Après Libreville, la Dizaine se poursuit :
- à Lambaréné (31 mai – 1er juin)
- à Port-Gentil (3 – 6 juin)
Cette itinérance traduit une volonté de décentraliser l’offre culturelle et d’impliquer davantage les scènes locales.
Des enjeux au cœur de la dynamique
Au-delà de l’événement, la Dizaine s’inscrit dans une perspective stratégique. Elle répond à plusieurs défis :
- Structurer un secteur encore fragmenté, en favorisant la professionnalisation des acteurs
- Créer des opportunités d’emploi, notamment pour les jeunes talents
- Encourager l’entrepreneuriat culturel, dans un contexte de diversification économique
- Renforcer l’inclusion sociale, en intégrant les publics souvent marginalisés
- Accroître le rayonnement du Gabon, à travers la valorisation de ses productions artistiques
Dans un pays où l’économie reste largement dépendante des ressources naturelles, la culture apparaît progressivement comme un axe alternatif de croissance.
Un test pour les politiques publiques
Cette deuxième édition intervient dans un contexte de repositionnement des politiques culturelles. Elle constitue, de fait, un test pour les autorités, appelées à transformer cette dynamique en levier durable.
La question reste posée : au-delà de l’événementiel, la Dizaine pourra-t-elle déboucher sur une véritable industrialisation du secteur culturel ?
Une ambition en construction
Avec une programmation élargie, une présence territoriale renforcée et une orientation économique affirmée, la Dizaine Gabonaise des Arts et de la Culture confirme sa montée en puissance.
Entre vitrine artistique et espace de réflexion stratégique, l’événement entend inscrire durablement la culture au cœur du développement du Gabon.

