Le projet de construction du futur aéroport international d’Andem, considéré comme l’un des chantiers stratégiques majeurs du Gabon, continue de susciter des réactions au sein des populations concernées. Si l’initiative est saluée pour son potentiel économique et logistique, des habitants de la zone dénoncent les conséquences sociales du projet et réclament des mesures urgentes d’accompagnement.
Dans une lettre ouverte adressée au président Brice Clotaire Oligui Nguema, des citoyens d’Andem et plusieurs exploitants agricoles reconnaissent l’importance du futur aéroport pour le développement du pays, tout en alertant sur la situation difficile des familles affectées par les travaux.
Selon eux, la future infrastructure représente une avancée majeure pour le secteur aérien gabonais. Le nouvel aéroport devrait permettre au Gabon de disposer d’une plateforme moderne répondant aux standards internationaux, capable d’accueillir des vols long-courriers et de renforcer la connectivité régionale du pays.
Le projet vise également à désengorger l’actuel aéroport international Léon Mba de Libreville, confronté à des limites liées à son implantation urbaine et à ses capacités d’extension.
Pour plusieurs observateurs, cette infrastructure pourrait positionner le Gabon comme un hub aérien et logistique en Afrique centrale, avec des retombées économiques importantes en matière d’emplois, de tourisme, de fret aérien et d’attractivité des investissements.
Mais derrière ces ambitions nationales, les populations locales affirment subir des pertes importantes. Les riverains dénoncent notamment la destruction de plantations, vergers et champs qui constituaient la principale source de revenus de nombreuses familles vivant dans la zone concernée par le projet. Ils évoquent également des restrictions d’accès à certaines rivières utilisées pour les activités agricoles et la pêche, ainsi que les difficultés liées à la zone de relocalisation proposée, présentée comme fortement exposée aux incursions d’éléphants.
Selon les habitants, plusieurs exploitants ont déjà été recensés par les autorités compétentes, mais les indemnisations promises tarderaient toujours à être versées.
“Ces plantations représentaient notre revenu quotidien et l’avenir de nos familles”, expliquent certains habitants qui appellent les autorités à agir rapidement.
Dans leur correspondance, les populations demandent : la mise en place d’un mécanisme d’indemnisation “juste et rapide” ; la sécurisation des zones de réinstallation ; l’ouverture d’un dialogue permanent entre l’État, les entreprises impliquées et les communautés locales.
Le dossier met en lumière les défis liés à la réalisation des grands projets d’infrastructures au Gabon, notamment la nécessité de concilier développement économique et protection des intérêts des populations impactées.
Pour plusieurs analystes, la gestion sociale du projet d’Andem pourrait constituer un test important pour les autorités gabonaises dans leur volonté affichée de promouvoir un développement plus équitable et inclusif.
Alors que les travaux du futur aéroport sont présentés comme un levier stratégique pour l’avenir économique du pays, les habitants concernés espèrent désormais que leurs revendications seront entendues afin que le progrès annoncé ne se fasse pas au détriment des communautés locales.

