Le débat actuel sur la situation passionnante du Sénégal interpelle également la vision économique. Les deux défendent globalement le même projet lié à la souveraineté économique, la transformation locale, la lutte contre la corruption, la réforme du franc CFA, la renégociation de certains contrats miniers et énergétiques, et la réduction de la dépendance extérieure.
Mais depuis l’arrivée au pouvoir, plusieurs divergences économiques et stratégiques sont apparues.
- FMI et la dette
Sonko défends une ligne souverainiste avec la méfiance vis à vis des conditionnalités du FMI, refus d’une austérité brutale et l’opposition à la hausse des prix du carburant (Reuters, 2025).
Sauf qu’il est naïf, il rêve encore. Le FMI tient l’Afrique.
Diomaye est plus pragmatique et conciliant de part sa volonté de préserver la crédibilité financière du Sénégal, une reprise du dialogue avec le FMI l’acceptation plus réaliste de compromis budgétaires et recherche de la stabilité macroéconomique pour rassurer investisseurs et partenaires (Financial Times, 2025).
Faye est prudent et sait que le FMI peut déstabiliser un pays quand il le veut.
- Au sujet des réformes économiques
Sonko veut une rupture rapide avec des audits agressifs, une remise en cause des anciennes élites économiques, une révision rapide des contrats pétroliers, gaziers et miniers (Reuters, 2025).
Diomaye privilégie davantage la stabilité institutionnelle, avec une continuité administrative, des négociations progressives avec les partenaires étrangers, une réduction des risques de fuite des capitaux (SenePlus, 2026).
L’Etat c’est pas l’émotion, c’est l’erreur de Sonko, car l’occident et les partenaires bilatéraux et multilatéraux nous tiennent.
- Le climat entre secteur privé et investisseurs étrangers
Sonko est plus critique envers les multinationales, la dépendance économique extérieure, des anciens accords jugés défavorables au Sénégal. Il insiste sur: industrialisation nationale, le patriotisme économique, la souveraineté monétaire et productive.
Diomaye garde ce discours souverainiste, mais avec une approche plus rassurante pour les marchés et partenaires internationaux. Il cherche à éviter une image de rupture brutale (Financial Times, 2026).
Sonko court le risque de se mettre à dos les partenaires alors que le pays a besoin de liquidités, il croit que tout se fait sur les théories.
- Vision de la politique économique
Sonko fonctionne davantage sur la mobilisation populaire et la pression politique.
Diomaye adopte un profil plus technocratique et institutionnel.
Cela se voit dans la communication économique, la gestion des crises sociales, la relation avec l’administration et les bailleurs (SenePlus , 2025).
Entre ces deux écoles de pensée on voit des décisions à prendre pour sauvegarder les acquis, car la souveraineté c’est avoir d’abord ses propres moyens.
Par Onguene Ateba
-Économiste et Logisticien des transports
-PDG du Think Tank FOA

