Après trois jours de rencontres, de débats et de célébration des arts, la cinquième édition du Festival International du Livre Gabonais et des Arts (FILIGA) a refermé ses portes samedi 30 mai 2026 à Libreville. Organisé autour du thème « L’Afrique et ses Diasporas : regards croisés sur le Monde », l’événement a confirmé son ambition de faire du Gabon une plateforme de référence pour les échanges culturels en Afrique centrale.


Accueilli au Musée National des Arts, Rites et Traditions du Gabon ainsi qu’à l’Institut Français du Gabon, le festival a rassemblé écrivains, artistes, universitaires, diplomates, étudiants et passionnés de culture venus du Gabon et de plusieurs pays africains et étrangers. Pendant trois jours, conférences, présentations d’ouvrages, expositions et rencontres professionnelles ont permis d’explorer les liens historiques, culturels et intellectuels qui unissent l’Afrique à ses diasporas.


La République centrafricaine, invitée d’honneur de cette édition, a occupé une place particulière dans la programmation. À travers ses traditions, sa littérature, son artisanat et son patrimoine immatériel, le pays a offert aux festivaliers un aperçu de la richesse et de la diversité de sa culture. Neuf autres pays étaient également représentés : la France, le Bénin, le Cameroun, la Guinée, le Togo, le Burkina Faso, le Sénégal, la République démocratique du Congo et le Niger.


Au moment de dresser le bilan de cette cinquième édition, les organisateurs ont mis en avant la progression enregistrée par le festival depuis sa création. En cinq ans, le FILIGA a accueilli 37 pays, reçu 132 invités internationaux, mobilisé 236 bénévoles et enregistré 2 156 participants locaux ainsi que plus de 9 789 visiteurs. Des chiffres qui traduisent la montée en puissance de cet événement devenu l’un des principaux rendez-vous culturels du pays.

Au-delà des statistiques, les promoteurs du festival défendent une vision plus large de la culture comme facteur de cohésion sociale, de transmission des savoirs et de développement économique. Dans un contexte où le Gabon cherche à diversifier son économie, les industries culturelles et créatives apparaissent comme un secteur à fort potentiel, capable de générer des emplois, de stimuler l’innovation et de renforcer l’attractivité du pays.

L’un des moments marquants de cette édition a été le lancement de Miss Littérature Gabon 2026, une initiative destinée à promouvoir l’excellence intellectuelle féminine et à valoriser la lecture auprès de la jeunesse. Une première au Gabon qui illustre la volonté des organisateurs d’innover et d’élargir les formes de promotion du livre et de la culture.
Le FILIGA se distingue également par son modèle d’organisation. Malgré des moyens financiers limités, l’événement continue de se développer grâce à l’engagement de bénévoles, d’acteurs culturels, de partenaires institutionnels et privés ainsi que de nombreux passionnés du livre. Une mobilisation qui témoigne de la vitalité du tissu culturel gabonais et de sa capacité à porter des initiatives d’envergure.
Pour les organisateurs, l’enjeu dépasse désormais le cadre du festival. L’ambition affichée est de faire du Gabon un véritable carrefour du livre et des arts en Afrique centrale, capable d’attirer auteurs, éditeurs, créateurs et investisseurs culturels du continent et de sa diaspora.
À l’heure où les industries culturelles occupent une place croissante dans les stratégies de développement à travers le monde, le FILIGA entend poursuivre sa contribution à la promotion de la lecture, à la valorisation du patrimoine africain et au rayonnement culturel du Gabon. Une ambition qui, au fil des éditions, semble gagner en crédibilité et en visibilité sur la scène culturelle africaine.

