Parti du pouvoir ou parti au pouvoir, l’UDB à l’épreuve de la gestion de l’État

C’est une question qui vaut son pesant d’or, et sa réponse peut sauver ou entacher la renommée de la Vè République.

La différence n’est pas académique, mais vitale.

Parti du pouvoir : l’État est au service du parti. Il nomme des cadres pour contrôler l’État. Le budget de l’État n’a aucune frontière avec une caisse de campagne. On confond victoire électorale et droit de propriété sur le pays. L’administration est militante, et donc partisane. Il a des cadres, et vit de l’État.

Parti au pouvoir : Il est au service de l’État. Il nomme des cadres pour gérer le pays. Le budget est une contrainte légale. Il confond victoire électorale et Contrat à Durée Déterminée de 5 ou 7 ans. L’administration est non militante, et donc neutre. Il a des compétences et fait vivre l’État.

Le parti du pouvoir quand il perd l’État. Le parti au pouvoir survit quand il perd les élections.

L’UDB à l’épreuve de la gestion de l’État

Trois tests pour savoir dans quel camp le parti joue.

1. Les nominations : parti du pouvoir le DG doit être militant du parti. Parti au pouvoir, on s’en fout de la carte de membre, on nomme selon les critères pré-définis.

Si les 50 premières nominations sont des fidèles sans bilan, on a la réponse. l’État devient la permanence du parti.

2. L’argent public : parti du pouvoir, les marchés publics passent des sociétés écran de « camarades ». Peu importe l’expérience de la société, on lui attribue le marché. 

    Parti au pouvoir : tout détournement des fonds est réprimé, le responsable est poursuivi et le parti accepte de ne pas interférer.

3. La critique : parti du pouvoir, l’administration coalise pour gêner l’opposition. Le fisc contrôle les entreprises qui n’ont pas cotisé pour le parti. L’adhésion est donc une assurance-vie sociale. 

     Parti au pouvoir : le ministre militant signe un décret qui peut gêner son parti si l’intérêt national le commande. Il se tire une balle dans le pied pour sauver la démocratie. 

Pourquoi L’UDB est plus exposée que les choses ?

1. Elle naît au pouvoir elle n’a pas connu l’opposition, la galère, la construction militante. Son ADN est l’appareil de l’État, pas la rue. Risque de confondre l’État et le parti.

2. Elle hérite du vide la IVè République est morte de la confusion État/PDG. Si L’UDB fait pareil avec d’autres sigles, Elle court le risque d’écourter la Vè République.

3. Elle a la tentation de la stabilité . Pour réformer il faut tenir l’administration, donc il faut la noyauter, c’est l’argument de tous les partis du pouvoir depuis 1960. Il fabrique des Etats fragiles.

L’épreuve pragmatique 3 lois que L’UDB doit voter contre elle.

Si l’UDB est un parti au pouvoir, elle doit voter dans un laps de temps réduit :

1. Loi anti-confusion : tout ministre, DG, gouverneur, préfet, doit démissionner de toute instance du parti, car il y a une incompatibilité. S’il ne le fait pas sa nomination sera frappée de nullité.

2. Loi anti-clientélisme interdiction des recrutements, marchés, subventions, 6 mois avant et 6 mois après chaque élection. En cas de violation, on parlera de crime économique.

3. Loi sur le financement : chaque parti vit des cotisations NIP tracées, plus dotation publique proportionnelle aux voix, pas aux députés. Ainsi on finit avec des dons anonymes chiffrés en centaines de millions de francs.

Si elle ne vote pas ça, elle avoue, qu’elle a besoin de l’État pour exister. C’est la définition du parti du pouvoir.

Un parti au pouvoir accepte de perdre dès lors qu’il est sait que son bilan ne plaide pas en sa faveur. Il sait que gouverner, c’est rendre son propre parti inutile. Le jour où il se rendra compte que toutes ou la majorité des chantiers engagés sont finis ou en voie de finition, il pourra dormir du sommeil du avec l’impression du devoir accompli.

L’UDB doit pouvoir choisir entre :

1. Être le nouveau PDG qui tiendra l’État 20 ans et tuera le pays, et,

2. Être le premier parti républicain qui tiendra le pays 20 ans et perdre l’État plus tard.

Un parti du pouvoir gagne les postes, et un parti au pouvoir gagne l’histoire* la Vè République n’attend pas un parti fort, elle attend un parti qui accepte d’être faible devant la loi. Alors, l’UDB : médecin ou sangsue ? Le bloc opératoire vous attend, en face de vous, le malade Gabon.

Hermann Ditsoga, partisan de la norme

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