A l’heure du bilan, tout le monde devient victime et personne n’est coupable

Tout le monde ou presque, l’a dit, c’est la faute du PDG, chassons le PDG. Même les assises du dialogue national l’ont recommandé, dissolution du PDG et suspension de ses dirigeants, dans un cynisme hypocrite et une lucidité asymétrique.

Mais qui est en fait le PDG ? C’était un parti-État qui a dirigé l’État sous la bienveillance du père de la nation, le guide éclairé qui a tout éclairé.

L’arme du présent et du futur, déifié par un militantisme intéressé, et dans un élan mercantiliste rarement égalé, a vécu.

Passé avec armes et bagages de l’autre côté de la rive, les décideurs d’hier, à l’arrogance exagérée, ont décidé de troquer le courage avec le déni pour se donner une virginité qu’aucun commun des mortels ne sera prêt à leur concéder.

Les vaincus d’hier sont devenus ou sont en passe de devenir les hommes forts d’aujourd’hui, profitant de leur position dominante dans les sphères du nouveau pouvoir.

Aujourd’hui, nul n’est responsable, le Distingué Camarade Président pour les uns, le patron, pour les autres, se voit attribuer tous les péchés d’Israël et sacrifier sur l’autel de l’égoïsme et de l’ingratitude.

Dans cette ambiance dominée par l’hyperactivité de l’hyperprésidentialisme, tout le monde devient bâtisseur, même ceux qui ont détruit l’avenir des milliers des compatriotes hier. 

Entre-temps, devant un silence résigné et à la limite coupable, le PDG se reconstitue, peaufine ses stratégies et refuse de regagner les rangs de l’opposition qui aurait en principe dûe le recevoir, après son éviction du trône qu’il a confisqué et personnifié. 

Partis à la sauvette à la suite de la révolte de l’ ordre kaki du 30 août 2023, beaucoup d’anciens camarades qui n’ont jamais imaginé une survie possible en dehors des cercles du pouvoir, ont fait le dos rond, plier sans rompre, pour se retrouver aujourd’hui au hit parade des hommes qui reconstruisent la République, quelle hypocrisie !!!

À l’heure du bilan, tout le monde devient victime, sous les yeux de leurs anciens bourreaux d’hier, devenus bienveillants pour certains et toujours vaniteux pour d’autres très sûrs de leurs bonnes étoiles.

À l’heure du bilan, chacun devra avoir le courage de faire son introspection pour se choisir une place plus conforme à son passé.

Hermann Ditsoga, partisan de la norme

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