Lush tropical rainforest with tall green trees and a small river flowing through

Forêts du bassin du Congo : Le Gabon plaide pour une coopération climatique renforcée lors des consultations de la stratégie CAFI 2026-2035

Le Gabon a réaffirmé son engagement en faveur de la préservation des forêts du bassin du Congo et de la lutte contre le changement climatique à l’occasion du lancement officiel des consultations relatives à la nouvelle stratégie de l’Initiative pour les Forêts d’Afrique Centrale (CAFI) pour la période 2026-2035.

La rencontre, qui s’est tenue à Brazzaville, a réuni les ministres en charge de l’environnement et de la planification des pays partenaires de CAFI, ainsi que les représentants des principaux bailleurs de fonds internationaux et des Nations Unies.

Le Gabon était représenté par le ministre des Eaux et Forêts, de l’Environnement, du Climat, chargé du Conflit Homme-Faune, Maurice Ntossui Allogo, accompagné de la ministre de la Planification et de la Prospective, Louise Pierrette Mvono.

Une nouvelle feuille de route pour les dix prochaines années

Cette réunion de haut niveau marque le début d’un processus de concertation destiné à définir les orientations stratégiques de CAFI pour la prochaine décennie. L’objectif est de garantir que les futurs investissements du fonds soient pleinement alignés sur les priorités nationales des pays du bassin du Congo.

Outre le Gabon, les travaux ont réuni les délégations du Cameroun, de la République du Congo, de la République démocratique du Congo et de la République centrafricaine.

Les partenaires financiers historiques de l’initiative, notamment la Norvège, l’Allemagne, le Royaume-Uni, la Belgique et la France, ont également pris part aux discussions, aux côtés de plusieurs responsables du système des Nations Unies.

La stratégie issue de ces consultations devrait être officiellement adoptée en septembre 2026 à New York, en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies.

CAFI veut renforcer l’impact de ses financements

Depuis sa création, l’Initiative pour les Forêts d’Afrique Centrale accompagne les pays de la région dans leurs efforts de conservation des écosystèmes forestiers, de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de développement durable.

Selon Berta Presti, cheffe du secrétariat de CAFI, l’enjeu de cette nouvelle phase est de construire une vision commune capable de répondre aux défis environnementaux, sociaux et économiques auxquels la région est confrontée.

Elle a notamment souligné la nécessité d’orienter davantage les financements vers des mécanismes fondés sur la performance, afin de maximiser les bénéfices pour les populations locales tout en renforçant les résultats environnementaux.

L’objectif est également de mobiliser davantage de financements internationaux, de capitaux privés et de ressources domestiques pour soutenir les politiques climatiques des États partenaires.

Le Gabon défend ses priorités environnementales

Au cours des échanges, Maurice Ntossui Allogo a rappelé que la protection des forêts constitue un pilier de la stratégie nationale de développement du Gabon.

Avec près de 88 % de son territoire recouvert de forêts, le pays dispose de l’un des patrimoines forestiers les mieux préservés au monde et joue un rôle majeur dans l’absorption du carbone à l’échelle planétaire.

Face aux partenaires internationaux, le ministre a présenté les priorités que Libreville souhaite voir soutenues dans le cadre du futur partenariat avec CAFI.

Parmi les principaux axes retenus figurent :

  • la mise en œuvre du Plan national d’affectation des terres ;
  • le renforcement du suivi des forêts, du carbone et de l’occupation des sols ;
  • la protection des forêts à haute valeur de conservation ;
  • la préservation des aires protégées et de leurs zones périphériques ;
  • le développement de l’écotourisme ;
  • la gestion durable des conflits entre l’homme et la faune sauvage ;
  • la valorisation du statut du Gabon comme pays à forte couverture forestière et faible déforestation.

Pour le membre du gouvernement, la préservation du capital naturel doit aller de pair avec la transformation économique et sociale du pays.

Une rencontre bilatérale stratégique avec la Norvège

En marge des travaux, Maurice Ntossui Allogo a également tenu une séance de travail avec les autorités norvégiennes, partenaires historiques du Gabon dans le financement des programmes environnementaux.

Les échanges ont porté sur l’état d’avancement des projets en cours, leur cohérence avec le Plan National de Croissance et de Développement (PNCD) ainsi que sur les mécanismes de financement fondés sur les résultats obtenus en matière de conservation.

Cette approche constitue un enjeu majeur pour le Gabon, qui plaide depuis plusieurs années pour une rémunération plus importante des services environnementaux rendus par ses forêts dans la lutte contre le changement climatique.

Des enjeux majeurs pour le bassin du Congo

Deuxième massif forestier tropical au monde après l’Amazonie, le bassin du Congo représente un réservoir de biodiversité essentiel et un puits de carbone stratégique pour l’équilibre climatique mondial.

Dans un contexte marqué par l’accélération du réchauffement climatique, les pays de la région cherchent à renforcer les mécanismes de financement capables de soutenir la conservation des forêts tout en améliorant les conditions de vie des populations locales.

Pour le Gabon, cette nouvelle phase de coopération avec CAFI devra permettre de conjuguer protection des ressources naturelles, développement territorial et diversification économique.

Un partenariat appelé à évoluer

À l’issue de cette rencontre, les autorités gabonaises ont réaffirmé leur volonté de poursuivre leur collaboration avec CAFI, considéré comme l’un des principaux partenaires du pays dans la mise en œuvre de sa stratégie climatique.

Pour la période 2026-2035, Libreville souhaite que les financements soient davantage orientés vers des résultats tangibles sur le terrain, avec un impact direct sur les communautés locales, la création d’activités économiques durables et la protection à long terme des forêts gabonaises.

À travers cette participation aux consultations de Brazzaville, le Gabon confirme sa volonté de demeurer un acteur majeur de la diplomatie climatique africaine et un modèle de conservation forestière sur le continent.

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