À l’occasion de la promotion de son nouvel ouvrage Afrique et ses diasporas, publié en mai 2026 aux éditions FILIGA, l’écrivain gabonais Armel Oyama lauréat du Prix FILIGA des Lettres et des Arts 2026 en Poésie au Gabon, du Grand Prix littéraire 2026 du Salon International de l’Industrie du Livre de Yaounde (SIILY) au Cameroun, du Prix du livre francophone 2022 pour « Les veuves de Bifoula » au Meeting international du livre et des arts associés (MILA) d’Abidjan en Côte-d’Ivoire, membre du jury du grand prix de la Foire Internationale du Livre de Ouagadougou (FILO) de l’intégration au Burkina Faso en 2025, a accordé une interview à la rédaction de GABON INFOS LIVE.

Dans cet entretien accordé à GABON INFOS LIVE, l’auteur s’est prêté au jeu des questions-réponses avec franchise, revenant sur les motivations ayant conduit à l’écriture de cet ouvrage, mais aussi sur le rôle que peut encore jouer la littérature dans un monde marqué par des mutations sociales et culturelles profondes.

Journaliste : Votre nouveau recueil Afrique et ses diasporas semble porter une forte charge historique et identitaire. Pourquoi avoir choisi ce thème ?
Armel OYAMA : Parce que l’Afrique ne s’arrête pas à ses frontières géographiques. L’Afrique vit aussi dans les mémoires, dans les cultures, dans les langues, dans les musiques et dans les combats des peuples afro-descendants à travers le monde. Ce recueil est une manière de rappeler que, malgré les blessures de l’histoire, nous appartenons à une même mémoire humaine.
Journaliste : Le mot « diaspora » occupe une place centrale dans le titre. Que représente-t-il pour vous ?
Armel OYAMA : La diaspora représente à la fois une douleur et une force. Une douleur née de l’arrachement, de l’esclavage et des migrations forcées. Mais aussi une force extraordinaire, parce que les peuples africains ont su préserver leur dignité, leurs traditions et leur créativité partout où ils ont été dispersés.
Journaliste : Votre poésie est très engagée. Pensez-vous que la littérature peut contribuer au changement social ?
Armel OYAMA : Absolument. La littérature ne change pas le monde à elle seule, mais elle éveille les consciences. Un poème peut faire naître une réflexion, une émotion, une prise de conscience. L’écrivain doit être un témoin de son époque et parfois même une voix pour ceux qu’on n’écoute pas.
Journaliste : Quels sont les grands thèmes abordés dans ce recueil ?
Armel OYAMA : J’aborde la mémoire de l’esclavage, l’exil, les racines africaines, la transmission culturelle, mais aussi l’espérance. Je parle également de la jeunesse africaine, de la dignité noire et du besoin de réconciliation entre l’Afrique et ses enfants dispersés dans le monde.
Journaliste : Peut-on dire que ce livre est aussi un hommage ?
Armel OYAMA : Oui, c’est un hommage aux ancêtres, aux résistants, aux femmes et aux hommes qui ont porté l’Afrique dans leur cœur malgré les épreuves. C’est aussi un hommage à toutes les diasporas qui continuent de faire rayonner les cultures africaines.
Journaliste : Quel message souhaitez-vous transmettre à la jeunesse africaine ?
Armel OYAMA : Je voudrais leur dire de ne jamais avoir honte de leurs origines. L’Afrique possède une histoire immense, des cultures riches et une énergie créatrice exceptionnelle. La jeunesse doit croire en elle-même et comprendre que son avenir dépend aussi de sa capacité à connaître son histoire.
Journaliste : Comment définiriez-vous votre style poétique dans ce recueil ?
Armel OYAMA : Je dirais qu’il s’agit d’une poésie de mémoire et d’espérance. J’aime mêler l’émotion, l’image et la parole engagée. Je veux que mes textes puissent être lus comme des chants, des cris ou des prières.
Journaliste : Avez-vous un poème préféré dans le recueil ?
Armel OYAMA : Oui, probablement celui consacré au retour symbolique vers l’Afrique. C’est un texte très personnel, parce qu’il parle du besoin universel de retrouver ses racines, même lorsqu’on vit loin de sa terre d’origine.
Journaliste : Que souhaitez-vous que les lecteurs retiennent après avoir refermé Afrique et ses diasporas ?
Armel OYAMA : J’aimerais qu’ils retiennent que l’Afrique est multiple, vivante et universelle. Et surtout que les diasporas africaines ne sont pas séparées du continent : elles en sont une continuité humaine, culturelle et spirituelle.
Journaliste : Un dernier mot ?
Armel OYAMA : La poésie demeure une passerelle entre les peuples. Tant que nous continuerons à raconter nos histoires, notre mémoire restera vivante.

