Depuis le début de son mandat, le Président de la République a fait de la bonne gouvernance, de la redevabilité, de la lutte contre la corruption, de la transparence dans la gestion des finances publiques, ainsi que de la promotion de l’emploi et de l’entrepreneuriat des Gabonais, les fondements de son action publique.
Dans ce contexte, le dossier d’un prestataire ayant déjà perçu 8,1 milliards de FCFA sans avoir livré l’ouvrage attendu ne devrait pas être transformé en polémique politique. Il s’agit avant tout d’un problème de gouvernance, de respect des engagements contractuels et de responsabilité individuelle.
Le Chef de l’État ne construit pas lui-même les bâtiments. L’État conclut des contrats, débloque des financements et attend en retour des résultats conformes aux cahiers des charges. Lorsqu’un opérateur économique ne respecte pas ses engagements, la première exigence d’un État de droit est qu’il rende des comptes.
Vouloir faire de chaque dysfonctionnement administratif ou contractuel un procès politique contre le Président de la République revient à nier le principe même de la responsabilité des gestionnaires publics et des entreprises bénéficiaires des marchés de l’État.
Le peuple gabonais attend une autre attitude : que chacun assume sa part de responsabilité.
Les entreprises doivent exécuter les travaux pour lesquels elles sont rémunérées.
Les administrations doivent contrôler rigoureusement l’exécution des contrats.
Les organes de contrôle doivent exercer pleinement leur mission.
La justice doit sanctionner les éventuels manquements.
Et les citoyens doivent défendre l’intérêt général plutôt que les intérêts particuliers.
La bonne gouvernance ne consiste pas uniquement à dénoncer la corruption lorsqu’elle concerne les autres. Elle impose à chaque acteur économique, chaque responsable public et chaque citoyen une obligation de probité et de résultats.
Ce dossier doit donc être traité avec fermeté, sans récupération politique. Si des fonds publics ont été engagés, les ouvrages doivent être livrés conformément aux engagements pris. À défaut, les mécanismes prévus par la loi doivent être appliqués.
Le Gabon nouveau ne se construira ni sur la manipulation de l’opinion ni sur l’impunité. Il se bâtira sur une culture de la responsabilité, de la transparence et de la redevabilité.
C’est précisément cette exigence que le Président de la République cherche à instaurer : un État où chacun répond de ses actes et où l’argent public produit effectivement des résultats au bénéfice de la Nation.
Le véritable message à adresser au peuple gabonais est donc simple : la bonne gouvernance est une responsabilité collective. Elle ne peut réussir que si l’État contrôle, si les entreprises honorent leurs engagements, si la justice agit et si chaque citoyen refuse la banalisation de la mauvaise gestion des deniers publics.
Par Petit-Lambert Ovono

