Sept ans pour convaincre : Le Président redéfinit le temps de l’action publique

En visite des chantiers cette fin de semaine à Minvoul dans la Province du Woleu Ntem, le Chef de l’État a utilisé une des phrases qui, en politique, marquent un tournant. Elles ne sont ni improvisées ni anodines. Elles traduisent une évolution de la pensée, une adaptation à la réalité du terrain et, parfois, une nouvelle manière de gouverner.

En effet, lorsque le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, affirme désormais : « Nous allons y arriver sur sept ans », il ne prononce pas seulement une formule d’encouragement. Il redéfinit le rapport entre le temps politique, le temps administratif et le temps des attentes populaires.

Depuis son accession à la magistrature suprême, les Gabonais nourrissent un immense espoir de changement. Les attentes sont nombreuses et légitimes : des emplois, une meilleure qualité de vie, des routes praticables, une eau potable accessible, une électricité stable, des écoles performantes, des hôpitaux mieux équipés et une gouvernance irréprochable.

Cette impatience est compréhensible. Elle est même le signe que les citoyens croient encore à la capacité de l’État de transformer leur quotidien.

Mais gouverner un pays ne consiste pas seulement à annoncer des projets. Il faut les financer, les planifier, les exécuter, les contrôler et les évaluer. Entre la décision politique et le résultat concret se trouvent des procédures, des contraintes budgétaires, des études techniques, des marchés publics, des chantiers et des contrôles de qualité. C’est cette réalité que rappelle, avec sobriété, le Chef de l’État.

Dire « Nous allons y arriver sur sept ans », ce n’est pas demander un chèque en blanc. C’est rappeler que le projet de société présenté aux Gabonais a été conçu pour être réalisé durant l’ensemble du mandat présidentiel. Les grandes transformations ne s’improvisent pas ; elles se construisent dans la durée.

Pour autant, cette affirmation ne doit pas être interprétée comme une invitation à patienter sans exigence. Bien au contraire. En associant explicitement les résultats à la durée de son mandat, le Président accepte que son action soit évaluée de manière continue. Chaque année devra montrer des avancées concrètes, mesurables et perceptibles par les populations.

C’est précisément là que le suivi-évaluation des politiques publiques prend toute sa dimension. Les discours devront être accompagnés d’indicateurs, les promesses confrontées aux réalisations, les ambitions traduites en résultats. Le véritable juge sera moins la qualité des intentions que la réalité des transformations observées dans les neuf provinces, les quarante-sept départements et les milliers de villages du Gabon.

Les sept années du mandat ne constituent donc pas un délai d’attente. Elles représentent une feuille de route jalonnée d’étapes, de bilans et de responsabilités. Chaque année devra rapprocher le pays des objectifs fixés. Les citoyens ne demanderont pas que tout soit achevé immédiatement ; ils demanderont que chaque année apporte des progrès visibles.

Au fond, le nouveau message présidentiel est aussi un contrat de confiance. Le Président demande du temps pour conduire les réformes, mais il accepte en retour d’être jugé sur les résultats. C’est une évolution importante du discours politique : elle fait passer le débat des promesses à la performance, des intentions aux réalisations, des annonces à l’évaluation.

L’histoire retiendra moins les mots que les résultats. Dans sept ans, les Gabonais ne reliront pas les discours ; ils regarderont les routes construites, les emplois créés, les écoles réhabilitées, les entreprises développées, les services publics modernisés et l’amélioration de leur qualité de vie.

Le temps du mandat est désormais clairement fixé. Le temps de l’évaluation est, lui, déjà commencé.

Dans cette dynamique, de nouveaux emplois vont également se créer dans le secteur du suivi-évaluation. Les jeunes diplômés en sciences sociales, en sciences économiques, en statistiques, en sciences politiques et dans les disciplines connexes sont appelés à se former et à investir ce domaine stratégique, devenu indispensable à la bonne gouvernance et à la mesure des résultats

Par Petit-Lambert Ovono

Laisser un commentaire