La date du 3 mai approche. Elle marquera le premier anniversaire du début du septennat du Président Brice Clotaire Oligui Nguema. Un an après son installation à la tête de l’État, les Gabonaises et les Gabonais ont le droit légitime de connaître la vérité sur les actions entreprises, les engagements respectés, les obstacles rencontrés et les résultats obtenus.
Dans toute démocratie moderne, l’évaluation de l’action publique ne saurait reposer sur les émotions, les rumeurs ou les préférences partisanes. Elle doit s’appuyer sur des faits, des indicateurs et une méthode claire. C’est pourquoi j’invite nos compatriotes à examiner le bilan de cette première année à travers la chaîne logique de l’action gouvernementale.
1. Le projet de société : le temps des promesses
Tout mandat commence par une vision. Le projet de société présenté au peuple gabonais par Brice Clotaire Oligui Nguema contenait des engagements précis : restauration des institutions, lutte contre la corruption, amélioration des conditions de vie, diversification de l’économie, modernisation des infrastructures, réforme de l’État et renforcement de la justice sociale.
La première question à se poser est donc simple : ces promesses ont-elles été maintenues comme cap directeur du septennat ? Les priorités annoncées sont-elles toujours au cœur de l’action publique ?
2. La traduction stratégique : du discours au plan de croissance et de développement
Les promesses n’ont de sens que lorsqu’elles deviennent stratégie. Gouverner consiste à transformer une vision politique en plan structuré, hiérarchisé et financé.
Depuis un an, les Gabonais doivent observer si les engagements présidentiels ont effectivement été convertis en plan national de croissance et de développement. Existe-t-il une cohérence entre les ambitions affichées et les politiques engagées ? Les secteurs clés — emploi, santé, éducation, logement, routes, énergie, agriculture, numérique — disposent-ils d’orientations lisibles ?
Un pouvoir sérieux se juge à sa capacité à planifier et non à improviser.
3. Le plan d’action gouvernemental : l’épreuve de l’exécution
Une stratégie sans exécution reste un document. C’est donc au niveau du plan d’action gouvernemental que se mesure la performance réelle de l’équipe au pouvoir.
Quels projets ont été lancés ? Quels chantiers ont démarré ? Quels textes ont été adoptés ? Quels investissements ont été mobilisés ? Quelles réformes administratives ont été engagées ?
Les citoyens n’attendent pas seulement des annonces ; ils attendent des résultats visibles dans leur quotidien : eau, électricité, routes praticables, hôpitaux fonctionnels, écoles efficaces, emploi des jeunes, sécurité renforcée et administration plus juste.
4. Les feuilles de route de 100 jours : la culture du suivi
Depuis janvier 2026, une nouvelle méthode semble s’installer : les plans sectoriels de court terme, ou feuilles de route trimestrielles de 100 jours. Cette démarche mérite attention, car elle introduit une culture du suivi régulier et de l’évaluation.L’intérêt d’une feuille de route de 100 jours est clair : fixer des objectifs précis, mesurables et datés ; responsabiliser les ministres ; informer les citoyens ; corriger rapidement les retards.
Encore faut-il que ces documents soient publics, compréhensibles et accompagnés de bilans périodiques. La transparence reste la condition essentielle de la confiance.
5. Juger sur les faits, non sur les passions*Le débat politique gabonais gagnerait à sortir des affrontements émotionnels. Ni l’adoration aveugle, ni le rejet systématique ne servent la nation.
.Un bilan honnête doit reconnaître les avancées lorsqu’elles existent : retour de la stabilité, reprise de certains travaux, réorganisation institutionnelle, nouvelles méthodes de pilotage. Mais il doit aussi pointer les lenteurs, les insuffisances, les attentes non satisfaites et les urgences sociales encore persistantes.
Le patriotisme exige la lucidité.
6. Le rendez-vous du 3 mai
À l’approche du 3 mai, date symbolique de cette première année de mandat, le pays doit se poser les bonnes questions :Le Gabon avance-t-il réellement ?
Les conditions de vie s’améliorent-elles concrètement ? L’État devient-il plus efficace ? Les richesses nationales profitent-elles davantage au peuple ? Le septennat a-t-il pris le bon départ ?
Ce premier anniversaire ne doit donc pas être une célébration de communication, mais un moment de vérité républicaine.
Après un an, il est temps d’évaluer avec rigueur, sans haine et sans complaisance. La démocratie progresse lorsque les citoyens demandent des comptes et lorsque les dirigeants acceptent d’être jugés sur leurs résultats.
Le Gabon mérite un débat mature, fondé sur les preuves et tourné vers l’avenir.Le temps des promesses est passé. Voici venu le temps du bilan.
Par Petit-Lambert Ovono

