Réforme du CNDPC : L’Assemblée Nationale consulte les acteurs institutionnels et la société civile

L’Assemblée Nationale poursuit l’examen du projet de loi portant ratification de l’ordonnance n°0008/PR/2026 du 26 février 2026 relative à l’attribution, à l’organisation et au fonctionnement de la Commission Nationale de la Démocratie et de la Participation Citoyenne (CNDPC), future institution appelée à remplacer l’ancien Conseil national de la démocratie (CND).

Dans le cadre de cette procédure parlementaire, les députés membres de la Commission des lois ont auditionné vendredi plusieurs personnalités impliquées dans le fonctionnement des institutions consultatives et dans la promotion du dialogue démocratique au Gabon.

Parmi les intervenants figuraient le vice-président du CND, le Pr Jérôme Kwenzi Mikala, représentant le président empêché Me Séraphin Ndaot Rembogo, ainsi que le 2e vice-président du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), Geoffroy Foumboula Libeka Makosso.

Cette série d’auditions s’inscrit dans la volonté du président de l’Assemblée Nationale, Michel Régis Onanga Ndiaye, de permettre aux parlementaires d’évaluer les enjeux liés à la réforme du futur CNDPC, dans un contexte de réorganisation institutionnelle sous la 5e République.

Le CND plaide pour davantage de moyens

Face aux députés, le Pr Jérôme Kwenzi Mikala a insisté sur les difficultés structurelles rencontrées par l’ancien CND dans l’accomplissement de ses missions, évoquant notamment l’insuffisance des ressources financières et logistiques.

Le responsable a estimé que la future Commission nationale de la démocratie et de la participation citoyenne devra disposer de moyens renforcés pour remplir efficacement ses missions de médiation, de concertation et de promotion du dialogue démocratique.

Il a également plaidé pour que les avis émis par la future institution acquièrent une portée plus contraignante afin d’être réellement pris en compte dans les processus décisionnels.

Selon plusieurs observateurs, cette question du financement et de l’efficacité institutionnelle constitue l’un des principaux défis de la réforme. Certains députés souhaitent notamment éviter la création d’un organe consultatif dépourvu d’impact concret sur les politiques publiques.

Une démocratie plus participative

Auditionné à son tour, Geoffroy Foumboula Libeka Makosso a défendu une approche plus inclusive de la gouvernance démocratique. Pour le responsable du CESEC, la création du CNDPC traduit la volonté des autorités de rapprocher davantage les citoyens des mécanismes institutionnels à travers une participation élargie de la société civile.

Il a notamment insisté sur la nécessité d’impliquer les coopératives, les mutuelles, les associations et les communautés religieuses dans la dynamique démocratique nationale.

Selon lui, la future institution devra également jouer un rôle pédagogique auprès des populations, notamment en matière d’éducation civique et de culture démocratique.

Cette orientation marque, selon plusieurs analystes, une évolution importante du modèle institutionnel gabonais, historiquement centré sur les acteurs politiques traditionnels.

Un enjeu majeur pour la 5e République

La réforme du CNDPC s’inscrit dans le vaste chantier de modernisation institutionnelle engagé par les autorités de transition depuis 2023.

À travers cette nouvelle structure, l’exécutif ambitionne de renforcer les mécanismes de dialogue, de participation citoyenne et de prévention des tensions sociopolitiques.

Le projet de loi actuellement examiné par les députés prévoit notamment :

-l’élargissement des missions de l’ancien CND ;

-une représentation accrue de la société civile ;

-le développement d’actions de sensibilisation démocratique ;

‘un renforcement du dialogue entre les institutions et les citoyens.

Pour les autorités, cette réforme constitue l’un des piliers de la consolidation démocratique sous la 5e République.

Les travaux parlementaires se poursuivent à l’Assemblée nationale avant l’adoption définitive du texte, très attendu par les acteurs politiques et les organisations de la société civile.

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