Il y a 50 ans, la Loi n°12/75 du 26 janvier 1976 posait les fondations d’un Gabon découpé, hiérarchisé, administré depuis Libreville.
Un demi-siècle plus tard, le verdict tombe : nous avons un pays qui excelle à gérer des dossiers, mais qui a oublié de produire de la richesse.
En 2026, le Gabon n’a plus besoin d’une loi qui organise des bureaux. Il lui faut une loi qui organise des usines, des champs, des entreprises. Il lui faut une loi qui organise le développement.
Le bilan : 50 ans de centralisme et de pauvreté localisée
La 12/75 nous a donné 9 provinces sur la carte. Elle ne leur a pas donné les moyens de vivre.
1. Le pouvoir sans les moyens. 80% des décisions et 90% du budget restent captifs de Libreville. Résultat : les 9 provinces tendent la main chaque mois. Pendant ce temps, 60% de nos jeunes sont au chômage et nos territoires s’abandonnent.
2. Le découpage sans économie. On a nommé la Nyanga, grenier du pays, mais elle importe son riz. On a nommé le Haut-Ogooué, capitale du manganèse, mais elle importe ses techniciens. Nous avons découpé le territoire, mais nous avons oublié d’y mettre l’économie.
3. Le citoyen spectateur. On a transféré des compétences aux maires, mais pas les ressources. « Compétence sans ressource = fardeau ». Nos élus mendient. Et le citoyen subit. Il ne vote ni son budget, ni l’école de son quartier, ni la route de son village.
À quoi sert le Curriculum Gabon 2030 qui forme des producteurs, si nous les renvoyons dans des territoires qui n’ont ni budget ni pouvoir pour les employer ?
La rupture : 5 chantiers pour faire du territoire le premier moteur
Il ne s’agit pas de réformer la 12/75. Il s’agit de la remplacer.
- De l’Administrateur au PDG. Les 9 provinces deviennent des Régions Économiques. Le Gouverneur n’est plus un transmetteur de circulaires. Il est évalué sur les emplois créés et les entreprises installées.
- De la Mendicité à la Production. 30% des recettes minières, forestières et portuaires restent dans la région de production. Chaque Région vote sa « Taxe de Développement ». L’argent ne descendra plus de Libreville. Il montera du sol gabonais.
- De Libreville aux 12 Pôles. 9 chefs-lieux + Coco Beach, Lastourville, Mitzic deviennent des Pôles de Développement avec guichet unique. Le développement doit aller à la population.
- Du « Décidé pour » au « Décidé avec ». 10% du budget local sera voté par les citoyens via le Budget Participatif. Le peuple choisira : route, marché ou école.
- Du Flou au Résultat. Un Contrat de Développement Territorial liera l’État à chaque Région. On jugera nos responsables sur 3 chiffres : emplois créés, entreprises créées, projets livrés.
L’enjeu : 140 000 raisons d’y croire
Cette loi n’est pas une dépense. C’est l’investissement le plus rentable. Objectif : 140 000 emplois directs et 20 000 entreprises en 5 ans. Ratio : 1 FCFA investi localement = 3,5 FCFA rapportés.
Impact économique, social et institutionnel. Le jeune de Oyem, de Tchibanga ou de Mouila pourra enfin réussir chez lui. L’école formera, et le territoire recrutera.
EN CONCLUSION
On ne développe pas un pays avec des circulaires. On le développe avec des lois qui osent donner le pouvoir et l’argent à ceux qui sont sur le terrain.
Il y a 50 ans, la 12/75 a organisé un Gabon administratif.
En 2026, votons la loi qui organisera un Gabon productif.
Pour que chaque province devienne productive.
Pour que chaque diplômé gabonais puisse travailler chez lui, pour son pays.
PAPA KOUMBA MBOULA, NOTABLE DE LA VALLÉE DE LA NYANGA, VIGIE DU PEUPLE

